Mali : après les attaques, le doute s’installe, Moscou inquiet, Goïta invisible

Mardi 28 Avril 2026 - 21:00

Après des attaques majeures, le Mali vacille. Moscou évoque une situation « difficile », se retire de Kidal, tandis que Goïta reste introuvable.


Le régime d’Assimi Goïta déboussolé ?
Le régime d’Assimi Goïta déboussolé ?
 

Trois jours après des attaques coordonnées d’une ampleur inédite, le Mali reste plongé dans une zone de fortes turbulences sécuritaires et politiques. Sur le terrain, les groupes jihadistes du JNIM, alliés aux rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA), poursuivent leur progression dans le Nord, infligeant un revers important à la junte au pouvoir à Bamako.
 

Mais au-delà des combats, c’est un autre signal qui retient l’attention : celui venu de Moscou. Principal allié militaire du régime malien depuis la rupture avec la France, le Kremlin a laissé transparaître une inquiétude inhabituelle. Le ministère russe de la Défense évoque une situation « difficile », estimant que « les ennemis se regroupent » et n’ont pas renoncé à leurs « intentions agressives ».
 

Dans ce contexte, des informations persistantes font également état de mouvements au sein du dispositif militaire russe déployé au Mali, notamment autour de l’Africa Corps et de la zone de Kidal, ville stratégique du Nord reprise en novembre 2023 avec leur appui. Un repositionnement ou un ajustement tactique est évoqué par plusieurs sources, sans qu’aucune communication officielle ne détaille précisément l’ampleur ou la nature de ces changements. Ces incertitudes alimentent les interrogations sur la capacité du dispositif à stabiliser durablement les zones reconquises.
 

Sur le plan interne, la situation s’est encore aggravée avec la confirmation du décès du ministre de la Défense Sadio Camara. Figure centrale du régime et artisan du rapprochement avec la Russie, sa disparition constitue un choc majeur pour l’appareil sécuritaire malien et ouvre une période d’incertitude stratégique au sommet de l’État.
 

Dans le même temps, le silence du chef de la junte, le général Assimi Goïta, continue d’alimenter les spéculations. Depuis le déclenchement des attaques, aucune apparition publique ni déclaration officielle n’a été enregistrée. Des sources contradictoires évoquent toutefois, sans confirmation formelle, une possible rencontre avec l’ambassadeur de Russie au Mali, tandis que d’autres parlent d’une visite à des blessés. À ce stade, aucune communication officielle ne permet de trancher entre ces différentes informations.
 

Ce mutisme contraste avec les habitudes de communication du pouvoir militaire, généralement très réactif en temps de crise, mais également avec celui de ses alliés régionaux, notamment Ibrahim Traoré au Burkina Faso et Abdourahamane Tiani au Niger, eux aussi restés discrets face à la récente escalade.
 

Dans les rues comme dans les cercles d’analyse, les rumeurs continuent de circuler. Certaines évoquent un Assimi Goïta blessé lors des attaques ou placé sous haute protection, mais ces informations demeurent non vérifiées et relèvent pour l’heure de la spéculation.
 

Pendant ce temps, les groupes armés semblent avancer de manière méthodique. Pour plusieurs analystes, leur stratégie viserait moins une marche directe sur Bamako qu’une consolidation durable de leur emprise sur le Nord, notamment autour de Kidal, Gao et Tombouctou.
 

Pris entre une pression militaire accrue, la perte d’un ministre clé, un allié russe prudent et une communication officielle quasi inexistante, le pouvoir malien apparaît fragilisé. Une question domine désormais : le régime peut-il encore inverser la dynamique, ou assiste-t-on à un basculement durable du rapport de force au Sahel ?

 
 
Félix N'Guessan

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