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Filière anacarde : la transformation locale, moteur de croissance et de prospérité

Mardi 23 Juin 2026 - 06:00

Leader mondial du cajou, la Côte d’Ivoire accélère la transformation locale pour créer des emplois, plus de valeur ajoutée et de revenus.


Anacarde : la Côte d’Ivoire accélère la transformation locale pour créer emplois et richesse.
Anacarde : la Côte d’Ivoire accélère la transformation locale pour créer emplois et richesse.
 

Longtemps cantonnée à l’exportation de matières premières, la filière anacarde ivoirienne est aujourd’hui engagée dans une profonde mutation. L’objectif est clair : transformer localement une part croissante de la production nationale afin de maximiser la valeur ajoutée, créer des emplois et améliorer durablement les revenus des producteurs et des acteurs de la chaîne de valeur.

Avec une production dépassant 1,5 million de tonnes en 2025, la Côte d’Ivoire conserve son rang de premier producteur et exportateur mondial de noix de cajou brute. Le pays représente à lui seul plus du quart de la production mondiale et s’impose désormais comme le deuxième exportateur d’amandes de cajou et le troisième transformateur au monde. Les exportations de la filière ont généré plus de 1 000 milliards de FCFA de recettes en 2025, confirmant son poids stratégique dans l’économie nationale.

Cette performance est le résultat de plusieurs années de réformes engagées par les autorités ivoiriennes. La restructuration de la filière, l’amélioration de la qualité de la production, le renforcement des capacités de stockage et l’encadrement de la commercialisation ont contribué à moderniser un secteur essentiel pour des centaines de milliers de familles rurales. L’une des mesures les plus marquantes demeure l’instauration, en 2013, d’un prix minimum garanti aux producteurs. Ce mécanisme de prix plancher a permis d’offrir une meilleure visibilité aux cultivateurs et de sécuriser leurs revenus. Pour la campagne 2026, le kilogramme de noix de cajou est fixé à 400 FCFA bord champ, un niveau qui demeure largement supérieur à celui observé avant la réforme.

La grande révolution de la filière se joue toutefois dans les usines de transformation. En une décennie, la Côte d’Ivoire est passée d’un taux de transformation locale de seulement 2 % en 2011 à environ 43 % en 2025. Une progression spectaculaire qui témoigne des efforts consentis pour développer un véritable tissu industriel autour de l’anacarde. Plus de 659 000 tonnes de noix ont ainsi été destinées aux transformateurs locaux en 2025, contre 344 000 tonnes l’année précédente. Cette dynamique a été favorisée par la création de zones agro-industrielles spécialisées et par des mesures incitatives destinées aux investisseurs.
 

Aujourd’hui, le pays compte 37 unités de transformation, dont 24 détenues majoritairement par des opérateurs ivoiriens. Ces infrastructures génèrent près de 20 000 emplois directs, avec une forte présence féminine puisque les femmes occupent environ 66 % des postes. Pour les pouvoirs publics, la transformation locale constitue non seulement un levier de croissance économique, mais également un puissant outil de lutte contre le chômage et la pauvreté dans les zones rurales.
 

Afin de soutenir cette montée en puissance industrielle, l’État a multiplié les investissements structurants. En octobre 2020, le Président de la République, Alassane Ouattara, inaugurait à Yamoussoukro le Centre d’innovations et de technologies de l’anacarde (CITA), doté d’une capacité de transformation de 6 000 tonnes par an. Deux ans plus tard, l’usine Dorado Ivory de Toumodi, dans la région du Bélier, entrait en activité avec une capacité annuelle de traitement de 60 000 tonnes d’anacardes pour un investissement estimé à 15 milliards de FCFA.
 

La dynamique s’est poursuivie avec l’inauguration, le 22 septembre 2025, d’une nouvelle unité de transformation à Oussou, dans la sous-préfecture de Kpouèbo. Cette infrastructure, inaugurée par le Premier ministre Robert Beugré Mambé, devrait générer plus de 1 000 emplois directs, principalement au bénéfice des jeunes et des femmes de la région.
 

À travers ces réalisations, le gouvernement réaffirme sa volonté d’accroître la valeur ajoutée créée sur le territoire national. Son ambition est de porter à plus de 50 % la part de la production nationale transformée localement à l’horizon 2030. Pour atteindre cet objectif, plusieurs actions sont prévues, notamment la réhabilitation des pistes rurales, le renforcement des infrastructures logistiques, la mise en place de financements spécifiques pour les transformateurs, ainsi que l’extension des programmes de durabilité.
 

Dans un contexte où la transformation locale des matières premières est devenue une priorité stratégique, l’anacarde apparaît comme l’un des secteurs les plus prometteurs de l’économie ivoirienne. Chaque tonne transformée sur place génère davantage d’emplois, de revenus et de richesse pour les communautés locales. L’engagement renouvelé de l’État en faveur de cette filière traduit ainsi une vision de développement fondée sur l’industrialisation et la valorisation des ressources nationales, au bénéfice de l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur.

Félix N'Guessan
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