Depuis le 7 mai 2026, une nouvelle vague de publications enflamme les réseaux sociaux ouest-africains. Des comptes Facebook, X et TikTok affirment qu’un avion Beechcraft King Air 350 appartenant aux Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) aurait été détecté près des frontières malienne et burkinabè dans le cadre d’opérations jugées suspectes. Certaines publications vont encore plus loin, évoquant même un drone ivoirien qui aurait été abattu par l’armée burkinabè.
Pourtant, à ce jour, aucun élément officiel ne vient confirmer ces accusations. Ni les autorités ivoiriennes, ni les gouvernements malien et burkinabè n’ont publié de communiqué attestant d’un incident militaire impliquant un appareil ivoirien. Aucune image authentifiée, aucun relevé radar crédible ni preuve vérifiable n’ont été rendus publics.
La Côte d’Ivoire possède effectivement des avions Beechcraft King Air 350. Ces appareils sont généralement utilisés pour le transport, la surveillance aérienne et les missions de renseignement, notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au nord du pays. Dans un contexte sécuritaire tendu, des vols de reconnaissance dans les zones frontalières peuvent donc être considérés comme habituels.
Cette affaire intervient surtout dans une région sous haute tension. Les frontières entre le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire sont confrontées depuis plusieurs années aux infiltrations jihadistes et aux trafics transfrontaliers. Dans cet environnement fragile, les campagnes de désinformation prospèrent rapidement.
Plusieurs contenus relayant cette rumeur proviennent de sphères militantes proches des discours pro-AES et hostiles à Abidjan. Des accusations similaires visant prétendument des drones français ou ivoiriens avaient déjà circulé ces derniers mois avant d’être démenties faute de preuves.
En l’état actuel des informations disponibles, rien ne permet donc d’affirmer qu’un appareil ivoirien aurait mené une opération hostile ou qu’un drone des FACI aurait été neutralisé. L’affaire illustre surtout la montée des batailles informationnelles autour des enjeux sécuritaires sahéliens.

