Les frontières deviennent un nouvel espace de coopération pour les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Réunis à Ouagadougou au terme de deux jours de travaux, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont adopté mercredi une feuille de route destinée à renforcer leur action commune dans les régions frontalières. Au cœur des décisions figure la validation d’un protocole additionnel au traité instituant la Confédération de l’AES, consacré à la coopération transfrontalière. Les trois États ont également acté la création d’un cadre de concertation réunissant régulièrement les autorités administratives des régions frontalières.
Pour le ministre burkinabè de l’Administration territoriale, Émile Zerbo, représentant le Premier ministre, ce protocole engage juridiquement les trois pays dans une gestion concertée de leurs espaces frontaliers. L’objectif est de favoriser une réponse mieux coordonnée aux enjeux de sécurité, d’action humanitaire et de développement. Le dispositif doit notamment permettre aux gouverneurs des régions concernées de renforcer le dialogue et de coordonner leurs interventions. Une approche que le ministre malien de l’Administration territoriale, le général de brigade Issa Ousmane Coulibaly, souhaite voir transformer les frontières en espaces de solidarité et de développement.
Le Niger a également appelé à une mise en œuvre rapide et coordonnée des instruments adoptés. Un plan d’action accompagne la feuille de route afin de traduire les orientations politiques en mesures concrètes sur le terrain. Dans des régions confrontées à une insécurité persistante, les trois pays entendent ainsi rapprocher leurs administrations, forces de sécurité, collectivités territoriales et acteurs communautaires. Cette nouvelle architecture de coopération marque une volonté d’inscrire la gestion des frontières dans une approche plus intégrée, où les impératifs sécuritaires sont associés aux réponses humanitaires et aux enjeux de développement local.






