À Dakar comme à Rufisque, les gares routières offrent un spectacle inhabituel : des files d’attente interminables et des véhicules à l’arrêt. Depuis plus d’une semaine, le secteur du transport est paralysé par une grève illimitée, plongeant des milliers de voyageurs dans l’incertitude.
À l’origine de ce mouvement, les transporteurs dénoncent la multiplication des contrôles routiers et une concurrence jugée déloyale. Pour les syndicats, les règles en vigueur manquent de cohérence. Ils pointent notamment des contradictions entre les textes officiels et leur application sur le terrain, alimentant un profond sentiment d’injustice.
Malgré plusieurs rencontres avec les autorités, la crise persiste. Si certaines avancées ont été enregistrées — notamment sur la modernisation du contrôle technique et la régulation des postes de contrôle — elles restent insuffisantes aux yeux des grévistes. Le manque de communication officielle du gouvernement renforce la méfiance et entretient le blocage.
Sur le terrain, les conséquences sont lourdes. Les voyageurs, contraints de patienter pendant des heures, peinent à rejoindre leurs destinations. Les rares véhicules en circulation imposent des tarifs élevés, accentuant les difficultés des populations.
Face à cette situation, les transporteurs affichent leur détermination. Soutenus par une caisse de solidarité, ils promettent de maintenir la pression jusqu’à satisfaction de leurs revendications. Entre bras de fer et dialogue fragile, le Sénégal reste suspendu à l’issue de négociations dont l’issue demeure incertaine.

