Face à la persistance des attaques armées et à la pression sur ses forces régulières, le Burkina Faso envisage la mise en place d’une réserve nationale de 100.000 anciens militaires et civils formés, destinée à soutenir l’armée dans ses opérations de défense et de sécurité.
Le Burkina Faso accélère sa stratégie de défense face à l’insécurité. Le gouvernement a adopté un avant-projet de loi prévoyant la création d’une réserve nationale composée de 100.000 personnes, dans un contexte marqué par la multiplication des attaques armées et la faiblesse des effectifs militaires réguliers, estimés à environ 12.000 hommes.
Selon les autorités, cette réserve sera constituée à la fois d’anciens militaires immédiatement mobilisables et de civils appelés à recevoir une formation spécifique. L’objectif est de disposer d’un vivier de ressources humaines capables d’appuyer les forces armées en cas de crise sécuritaire ou humanitaire.
Ce projet intervient dans un pays déjà engagé dans une forte mobilisation civile à travers les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), dont les effectifs avoisineraient 80.000 personnes. La nouvelle réserve viendrait ainsi compléter ce dispositif, en apportant un encadrement plus structuré et une capacité de mobilisation élargie.
Pour les autorités, il s’agit de renforcer la résilience nationale face à une menace terroriste persistante. Toutefois, des défis importants subsistent, notamment en matière d’encadrement, de formation, d’équipement et de financement. Des experts en sécurité soulignent également la nécessité d’un modèle hybride, combinant volontariat et sélection basée sur les compétences.
Sur le terrain, les réactions sont partagées. Si certains citoyens saluent une initiative inspirée de pratiques observées dans d’autres pays, d’autres s’interrogent sur sa valeur ajoutée, au regard de l’existence déjà importante des VDP.
Avec ce projet, le Burkina Faso confirme sa volonté d’adapter son dispositif sécuritaire à une crise qui s’inscrit dans la durée, en misant sur une mobilisation élargie de ses ressources humaines.

