Un climat de plus en plus pesant entoure la scène politique malienne. Dans la nuit de samedi à dimanche, Mountaga Tall, avocat de renom et opposant déclaré à la junte, a été enlevé à son domicile de Bamako par des hommes armés et cagoulés, selon des témoignages familiaux. L’incident, d’une rare gravité, suscite une vive inquiétude dans les milieux politiques et juridiques.
Longtemps allié des militaires arrivés au pouvoir après la chute de Ibrahim Boubacar Keïta en 2020, Mountaga Tall s’était progressivement éloigné du régime, dénonçant ouvertement ses dérives autoritaires. Membre influent du M5-RFP, il incarnait une voix critique devenue incontournable, notamment à travers ses recours judiciaires contre la dissolution des partis politiques.
Son enlèvement survient dans un contexte particulièrement tendu. Le pays fait face à une recrudescence d’attaques coordonnées visant des positions stratégiques de l’armée, attribuées à une alliance de groupes séparatistes et djihadistes. À cette instabilité sécuritaire s’ajoute une crise interne, marquée par des accusations de complicités militaires dans ces violences.
Avocat engagé, Mountaga Tall défendait récemment plusieurs officiers accusés de tentative de déstabilisation. Sa disparition alimente désormais les craintes d’un durcissement du régime face à ses opposants. Tandis que sa famille a déposé plainte, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée, laissant planer une inquiétante zone d’ombre sur cette affaire.
