Au cœur de la région du Gôh, la route reliant Gagnoa à Guibéroua est devenue l’un des principaux défis de mobilité pour les populations. Long de seulement 27 kilomètres, cet axe stratégique, emprunté quotidiennement par des centaines d’usagers, illustre les difficultés auxquelles sont confrontées plusieurs localités rurales en matière d’infrastructures routières.
Un trajet de 27 kilomètres devenu un véritable calvaire
Il était près de 22h15 lorsque notre équipe de reportage arrivait à Gagnoa, chef-lieu de la région du Gôh. Dans les premières rues de la ville, l’état de la chaussée donnait déjà un aperçu du périple qui nous attendait sur l’axe Gagnoa-Guibéroua. En effet, depuis l’entrée de Gagnoa jusqu’au centre-ville, les voies sont fortement dégradées, donnant l’impression d’un véritable champ de bataille routier.
Concernant l’axe Gagnoa-Guibéroua, la maire de la commune, Princesse Nicole Zézé, avait résumé la situation en quelques mots : « La distance Gagnoa-Guibéroua n’est pas longue, mais c’est l’état de notre route qui va vous fatiguer. »
Longue d’à peine 27 kilomètres, cette route stratégique porte aujourd’hui les stigmates du temps et du manque d’entretien. Nids-de-poule géants, portions rongées par l’érosion, flaques d’eau dissimulant de profondes crevasses : le tronçon ressemble par endroits à un véritable parcours du combattant. Après chaque pluie, la circulation devient encore plus difficile, obligeant les conducteurs à multiplier les manœuvres pour éviter les nombreux pièges de la chaussée.
Autrefois parcourue en moins de trente minutes, la distance entre Gagnoa et Guibéroua nécessite désormais parfois près de deux heures. Les véhicules avancent au ralenti, les moteurs sont mis à rude épreuve et les coûts d’entretien augmentent considérablement. Cette situation affecte directement la mobilité des populations ainsi que le transport des marchandises.
Un axe stratégique pour l’économie du Gôh
Pourtant, Guibéroua et Gagnoa occupent une place importante dans l’économie du centre-ouest ivoirien. Les deux localités sont au cœur d’une vaste zone de production agricole où le café et le cacao continuent de faire vivre des milliers de familles. Chaque jour, producteurs, commerçants et voyageurs empruntent cette voie, qui constitue un maillon essentiel des échanges dans la région.
Guibéroua, une ville accueillante malgré l’enclavement
Peu avant minuit, après un trajet éprouvant, notre équipe atteignait enfin Guibéroua. La ville offrait alors un contraste saisissant avec les difficultés rencontrées sur la route. Malgré la pluie qui s’abattait sur la commune, l’ambiance demeurait conviviale dans les maquis et les espaces publics.
Le lendemain, la découverte de la ville confirmait cette première impression. Les rues présentaient un niveau de propreté remarquable, témoignant des efforts consentis par la municipalité pour améliorer le cadre de vie des populations. Cette réalité contraste avec l’état de la route, qui demeure aujourd’hui l’un des principaux défis de développement de la commune.
Entre Gagnoa et Guibéroua, les 27 kilomètres de route sont devenus le symbole des difficultés de mobilité auxquelles sont confrontés les habitants du Gôh. Pour les populations, la réhabilitation de cet axe apparaît désormais comme une nécessité afin de soutenir l’activité économique, fluidifier les échanges et améliorer durablement les conditions de vie dans cette partie de la Côte d’Ivoire.





