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Mali : l’immatriculation obligatoire des motos inquiète les conducteurs

Jeudi 18 Juin 2026 - 19:00

Depuis le 15 juin, le Mali impose l’immatriculation de toutes les motos et tricycles. Une mesure sécuritaire qui suscite des inquiétudes chez les conducteurs.


À Bamako, où les motos constituent le principal moyen de déplacement de milliers d’habitants, la nouvelle campagne d’immatriculation obligatoire lancée par les autorités maliennes ne fait pas l’unanimité. Entrée en vigueur le 15 juin, cette mesure concerne l’ensemble des motos et tricycles circulant dans le pays. Présentée comme un outil de renforcement de la sécurité et de meilleure identification des véhicules, la réforme impose aux propriétaires d’obtenir une carte grise après une procédure comprenant une expertise technique et le paiement des frais requis. Les autorités espèrent ainsi améliorer le contrôle du parc roulant et lutter plus efficacement contre l’insécurité. Mais sur le terrain, de nombreux conducteurs redoutent les conséquences économiques de cette obligation. Dans le quartier du Fleuve à Bamako, Ibrahim Traoré, conducteur de moto-taxi, s’inquiète des longues démarches administratives et du temps perdu dans les files d’attente. Comme beaucoup de ses collègues, il ne possède pas la moto qu’il utilise pour travailler et dépend de ses recettes quotidiennes pour faire vivre sa famille. « Nous gagnons notre vie au jour le jour. Passer plusieurs heures pour ces formalités risque de réduire nos revenus alors que le coût de la vie est déjà très élevé », explique-t-il. Le directeur régional des Transports du district de Bamako, Diakaridia Diallo, rappelle toutefois que l’immatriculation est désormais obligatoire pour tous les deux-roues et tricycles. Il souligne que les services des transports et de la douane sont désormais interconnectés afin de faciliter le traitement des dossiers. Malgré les réticences, certains habitants soutiennent la mesure. Ils estiment qu’elle contribuera à renforcer la sécurité routière et à identifier plus facilement les véhicules en cas d’incident ou de vol. Le défi pour les autorités sera désormais de concilier les impératifs de sécurité avec les réalités économiques d’une population fortement dépendante de la moto pour ses déplacements et ses activités professionnelles.
Félix N'Guessan
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