Le Bénin s’apprête à vivre une élection présidentielle au parfum de déjà-vu. Ce dimanche, les électeurs sont appelés aux urnes pour désigner leur prochain chef d’État, mais l’issue du scrutin semble peu incertaine. En tête des pronostics, Romuald Wadagni, actuel ministre des Finances et candidat du pouvoir, incarne la continuité du régime de Patrice Talon.
À 49 ans, cet ancien cadre de Deloitte, formé entre Grenoble et Harvard, s’est imposé comme l’architecte des réformes économiques du pays. Son bilan, largement mis en avant, repose sur une forte croissance et un triplement du budget national. Une performance qui renforce son image de technocrate rigoureux, désormais prêt à franchir le cap politique.
Proche du président sortant, avec qui il revendique une relation quasi filiale, Wadagni promet de poursuivre les transformations engagées tout en élargissant l’accès aux services sociaux et en développant de nouveaux pôles économiques. Une vision qui séduit une partie de l’électorat, mais qui peine à convaincre ses détracteurs.
Face à lui, l’opposition apparaît affaiblie. Son principal adversaire, Paul Hounkpe, dénonce une croissance peu inclusive, tandis que le parti Les Démocrates n’a pas réussi à s’imposer dans le jeu électoral. Un déséquilibre qui limite fortement le suspense.
Mais derrière cette apparente stabilité politique, le pays fait face à une menace grandissante. Dans le nord, les attaques jihadistes se multiplient, faisant du Bénin l’un des États côtiers les plus exposés à l’insécurité sahélienne. Une tentative de coup d’État en décembre dernier est venue rappeler la fragilité du contexte.
Dans ce climat tendu, la présidentielle dépasse le simple enjeu de succession. Elle pose la question de la capacité du futur dirigeant à préserver l’équilibre entre sécurité, ouverture démocratique et développement économique.

