En 1960, la Côte d’Ivoire fraîchement indépendante ouvre l’un des premiers chapitres majeurs de son histoire éducative moderne : le baccalauréat. À cette époque, le pays vient tout juste de se détacher de la tutelle coloniale française sous la présidence de Félix Houphouët-Boigny, et l’école secondaire reste encore un privilège réservé à une minorité d’élèves issus principalement des grandes villes et des familles déjà engagées dans les circuits administratifs ou missionnaires.
Le système éducatif, largement inspiré du modèle français, fonctionne alors avec des effectifs réduits et une sélection rigoureuse. Le premier examen du baccalauréat ivoirien affiche un taux de réussite de 69,84 %, un chiffre qui témoigne à la fois de l’élitisme du dispositif et de la faible massification de l’enseignement supérieur à cette période charnière. Dans un pays en pleine construction institutionnelle, ce résultat est perçu comme un signal encourageant pour la jeune nation.
À la tête du ministère de l’Éducation nationale, Joachim Bony accompagne la mise en place progressive des structures scolaires post-indépendance. Son action s’inscrit dans un contexte de transition, où il faut à la fois maintenir les standards hérités de l’administration coloniale et poser les bases d’un système éducatif national autonome.
Ce premier baccalauréat ne se résume donc pas à un simple examen. Il symbolise l’entrée de la Côte d’Ivoire dans une nouvelle ère, où l’école devient un instrument central de construction de l’État. Les premières promotions de bacheliers formeront progressivement le noyau des futures élites administratives, techniques et politiques du pays, appelées à porter le développement dans les décennies suivantes.





