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Pétrole guinéen : la grande convoitise autour du contrat stratégique de l’État

Jeudi 26 Février 2026 - 02:53

À quelques semaines du renouvellement du principal contrat d’approvisionnement en carburants, la pression monte à Conakry. Négociants internationaux, représentants de grandes maisons de trading et intermédiaires spécialisés multiplient les démarches pour décrocher un marché clé dans une Guinée entièrement dépendante des importations. Mais pour l’heure, le gouvernement entretient le suspense.


Conakry, carrefour discret des ambitions pétrolières

Dans les salons feutrés des hôtels de la capitale, dans les bureaux ministériels et les couloirs administratifs, les rendez-vous s’enchaînent. Depuis plusieurs semaines, un ballet discret de traders pétroliers internationaux anime Conakry. Leur objectif : se positionner avant le renouvellement du principal contrat d’approvisionnement de l’État en essence et en gasoil.

L’enjeu est de taille. La Guinée ne produit pas de pétrole et ne dispose d’aucune raffinerie. Chaque litre consommé sur son territoire arrive par voie maritime, principalement via le port de Conakry, avant d’être stocké puis distribué sur l’ensemble du pays. Cette dépendance totale aux importations confère à ce contrat une importance stratégique majeure.

Dans un contexte international marqué par la volatilité des cours, les tensions géopolitiques et les fluctuations des coûts logistiques, sécuriser un fournisseur fiable à des conditions compétitives relève autant de la diplomatie économique que de la gestion budgétaire.

Parmi les groupes cités dans les milieux spécialisés figurent notamment ADNOC, Aramco Trading et Oryx Energies. Ces acteurs, rompus au négoce international de produits raffinés, disposent de solides capacités logistiques et financières. Remporter le marché guinéen leur garantirait des volumes réguliers sur plusieurs années — un avantage non négligeable dans un secteur très concurrentiel.

Pour l’instant, toutefois, aucune attribution officielle n’a été annoncée.                                                                                                                               
 

Un contrat aux répercussions bien au-delà des hydrocarbures

Au-delà des chiffres et des cargaisons, ce dossier touche au cœur de l’économie guinéenne. Le carburant irrigue tous les secteurs : transport urbain et interurbain, production agricole, activités minières, distribution des denrées alimentaires. Une variation des prix à la pompe se répercute immédiatement sur le panier de la ménagère.

Dans un pays où la stabilité sociale demeure un enjeu central, la maîtrise des coûts énergétiques est un exercice d’équilibriste. Le gouvernement doit arbitrer entre plusieurs impératifs : obtenir des prix compétitifs, garantir la régularité des livraisons, sécuriser des conditions de paiement soutenables pour les finances publiques et préserver la transparence du processus.

L’absence, à ce stade, d’annonce officielle laisse penser que les négociations sont toujours en cours. Appel d’offres formel ou discussions bilatérales approfondies ? Les autorités entretiennent le silence.

Une chose est sûre : même sans produire une goutte d’or noir, la Guinée attire les convoitises. Dans l’ombre des tankers et des contrats, se joue un choix stratégique dont dépendront, pour plusieurs années, l’équilibre budgétaire de l’État et le pouvoir d’achat des ménages.

Le verdict est attendu dans les prochaines semaines. Et avec lui, peut-être, une nouvelle page de la diplomatie énergétique guinéenne.

 
Par Félix N'Guessan 

 


Koffi Félix N'Guessan

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