Le jeudi 19 février 2026, l’hémicycle de l’Assemblée nationale vibrait d’une solennité particulière. Sous la présidence de l’honorable Patrick Achi, 250 députés sur 253 ont répondu présents pour adopter à l’unanimité le calendrier des travaux de la première session ordinaire de l’année 2026. Une session qui s’étendra du 19 février au 30 juin, et qui s’annonce dense, méthodique et stratégique.
Derrière la formalité de l’adoption du calendrier se profile une réalité politique bien plus substantielle : vingt-cinq projets de loi attendent les parlementaires. Sept projets de loi ordinaires, cinq projets de loi autorisant la ratification de conventions internationales et treize projets de ratification d’ordonnances rythmeront les débats. Deux séances de questions orales avec débat viendront également ponctuer cette séquence législative, confirmant la volonté de maintenir un dialogue direct et exigeant avec l’exécutif.
Fidèle à la tradition parlementaire, une période de vingt jours, du 20 février au 11 mars, a été accordée aux groupes parlementaires afin d’examiner minutieusement les textes et d’y apporter, si nécessaire, amendements et corrections. Un temps de maturation législative qui traduit l’ambition d’un travail en profondeur plutôt qu’une simple validation formelle des projets soumis.
Mais au-delà des textes, c’est un message politique fort qui a marqué l’ouverture de cette session. En rappelant l’obligation faite aux députés de déclarer leur patrimoine conformément au décret n°2018-99 du 24 janvier 2018, le président de l’Assemblée nationale a clairement placé la transparence au cœur de l’action parlementaire. En collaboration avec la Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance, un calendrier sera communiqué afin de permettre aux agents de l’institution d’échanger directement avec les élus à l’hémicycle. Le ton est ferme : il ne saurait être question que l’image de l’institution soit écornée par le manquement d’un seul député. La lutte contre la corruption s’inscrit ainsi comme un axe structurant de cette législature.
Cette session marque également un tournant générationnel. Avec un taux de renouvellement atteignant près de 50 %, l’Assemblée nationale accueille une vague importante de nouveaux députés. Conscient des défis que représente cette recomposition, le président entend accompagner ces élus dans la maîtrise des procédures et des mécanismes parlementaires. Des sessions de formation dédiées à l’organisation et à la gestion des travaux parlementaires sont prévues, afin de doter les nouveaux entrants des outils nécessaires à des débats rigoureux, structurés et productifs.
L’heure n’est plus aux hésitations. Dans un contexte national et international exigeant, le Parlement ivoirien affiche sa volonté d’être davantage un espace d’analyse et d’évaluation des politiques publiques qu’un simple organe de censure. Chaque texte examiné devra être pesé à l’aune de son impact social, économique et financier, avec en ligne de mire une Côte d’Ivoire forte, prospère et capable de répondre aux attentes immenses de ses populations.
La session 2026 s’ouvre donc comme une séquence de responsabilité collective. Entre exigence éthique, renouvellement générationnel et agenda législatif soutenu, l’Assemblée nationale entend écrire une nouvelle page de son histoire institutionnelle, sous le signe de la rigueur et de la crédibilité.

