Dans la ville portuaire de Nouadhibou, carrefour majeur des routes migratoires en Afrique de l’Ouest, une école d’alphabétisation tente de transformer le destin d’enfants migrants exposés aux dangers de la traversée vers l’Europe.
Créé par une organisation locale de soutien aux migrants et aux réfugiés, ce centre accueille chaque jour des élèves venus de différents horizons. Ils y apprennent le français, l’arabe et les mathématiques dans un environnement pensé pour leur offrir stabilité et protection. Beaucoup vivent dans une grande précarité, certains ayant déjà été confrontés à l’exploitation dans la mendicité ou les activités de pêche. Des activités d’accompagnement psychosocial et des ateliers d’expression complètent les cours afin de renforcer la confiance des enfants.
Dans cette zone stratégique proche des îles Canaries et de la frontière marocaine, la migration clandestine apparaît souvent comme une échappatoire. L’école, avec l’appui des autorités éducatives, cherche à inverser cette dynamique en facilitant l’intégration de certains enfants dans le système scolaire public mauritanien et leur participation aux examens nationaux. L’objectif est aussi de réduire les départs précoces en sensibilisant les familles aux risques des traversées et en valorisant les parcours scolaires.
Parmi les encadrants, un enseignant de mathématiques, ancien migrant, incarne ce parcours de rupture. Ayant perdu des compagnons lors de tentatives de traversée, il a choisi de rester en Mauritanie pour se consacrer à l’enseignement. Son témoignage rappelle les risques humains liés aux routes migratoires et l’importance d’alternatives éducatives durables.





