Dans la ville de Bunia, épicentre de la nouvelle flambée d’Ebola en République démocratique du Congo, les structures de santé privées sont devenues un maillon essentiel de la riposte. Face à la méfiance d’une partie de la population envers les hôpitaux publics, elles assurent l’accueil et l’orientation des patients, tout en tentant de contenir la propagation du virus.
Les autorités locales demandent désormais que tout cas suspect soit référé vers l’hôpital général, où est installé le centre de traitement. Mais cette stratégie se heurte à des refus persistants de patients, inquiets de ne pas en ressortir vivants. « Certains refusent d’y aller pour une consultation », alerte un médecin local, illustrant la fracture de confiance qui complique la réponse sanitaire.
Dans le même temps, les soignants des cliniques privées opèrent avec des moyens limités, sans appui suffisant des partenaires internationaux. Une fragilité qui accroît leur exposition au virus dans un contexte déjà tendu par des attaques communautaires et l’insécurité dans certaines zones.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, la situation reste préoccupante : plus de 676 cas confirmés et 136 décès ont été enregistrés, tandis que la maladie continue de s’étendre vers de nouvelles zones de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. La capacité d’isolement, estimée à environ 250 lits, demeure largement insuffisante face à la progression de l’épidémie.
L’UNICEF met également en garde contre une hausse des infections chez les enfants, particulièrement vulnérables dans une région où la malnutrition est déjà élevée. L’agence redoute une transmission accrue au sein des foyers dans les semaines à venir.
Alors que la recherche des contacts progresse lentement, avec environ 70 % de suivi, les experts estiment que la mobilité de la population et les “angles morts” dans certaines zones compliquent fortement le contrôle du virus. Dans ce contexte, la riposte reste un défi majeur, entre urgence sanitaire, défi logistique et nécessité de restaurer la confiance des communautés.




