Pour la première fois depuis une décennie, un ministre français des Affaires étrangères a effectué une visite officielle à Lomé. Les 24 et 25 avril 2026, Jean-Noël Barrot s’est rendu au Togo dans un contexte diplomatique tendu entre la France et plusieurs pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), à savoir le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
Le Togo, qui cherche à s’imposer comme un acteur de médiation régionale entre l’AES et la CEDEAO, apparaît de plus en plus comme un partenaire stratégique pour la diplomatie française en Afrique de l’Ouest. Cette position de neutralité active lui permet de jouer un rôle clé dans les efforts de dialogue face aux crises sécuritaires qui touchent le Sahel.
Lors de sa visite, Jean-Noël Barrot a salué les initiatives togolaises en matière de coopération régionale et de lutte contre la menace terroriste. Il a souligné l’importance d’une coordination entre États pour répondre aux défis sécuritaires dans la région, notamment dans le Sahel et les zones des Grands Lacs, où la situation reste fragile.
Le ministre français a également mis en avant les relations bilatérales entre Paris et Lomé, évoquant plusieurs projets communs dans les domaines de la santé, du numérique, de la coopération décentralisée et de la préservation du patrimoine culturel. Cette visite s’inscrit dans une volonté affichée de la France de renforcer ses partenariats africains sur la base du dialogue et de la coopération.
Elle intervient dans un contexte politique sensible au Togo, marqué par des tensions liées à une réforme constitutionnelle ayant suscité des manifestations. Malgré ces turbulences, Paris semble vouloir consolider ses liens avec Lomé, considéré comme un acteur stable et influent dans la sous-région.

