Un vent de contestation s’organise hors des frontières sahéliennes. Mardi, un collectif de citoyens maliens, burkinabè et nigériens a annoncé la création de l’Alliance des Démocrates du Sahel (ADS), un mouvement né en exil avec l’ambition de défendre les libertés publiques et de promouvoir le retour à l’ordre constitutionnel dans leurs pays respectifs.
Depuis 2020, le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont basculé sous la gouvernance de régimes militaires à la suite de coups d’État successifs. Une situation qui, selon les initiateurs de l’ADS, fragilise davantage des États déjà confrontés à l’insécurité et aux violences jihadistes. « Nous refusons la fatalité », affirme la présidente du collectif, le Dr. Mayra Djibrine, dénonçant une confiscation du pouvoir par la force.
Créée à Bruxelles par une cinquantaine de membres issus de la société civile, du monde politique et de la diaspora, l’ADS entend mobiliser au-delà des frontières. Le mouvement ambitionne notamment de sensibiliser les partenaires internationaux afin qu’ils fassent pression sur les autorités militaires pour l’organisation d’élections, le respect des droits humains et la libération des détenus politiques.
Prévue pour être officiellement lancée le 9 mai prochain dans la capitale belge, l’initiative se veut aussi un espace de rassemblement pour les démocrates sahéliens dispersés. Une campagne d’adhésion sera ouverte dans les semaines à venir, signe d’une volonté d’élargir ce front citoyen face aux défis politiques du Sahel.

