Selon une analyse de RFI, le PDCI-RDA traverse une période de fragilité, malgré les célébrations fastueuses de son 80ᵉ anniversaire à Yamoussoukro. Au cœur des interrogations : l’absence prolongée de son président, Tidjane Thiam, hors du territoire national.
Lors d’un rassemblement à Abidjan, les militants ont affiché une unité de façade autour de l’héritage de Félix Houphouët-Boigny et de Henri Konan Bédié. Par visioconférence, Thiam a adopté un ton conciliant, appelant au respect des institutions et à l’apaisement du jeu politique. Une posture saluée, mais jugée insuffisante pour dissiper les doutes.
Car en coulisses, le parti reste traversé par des tensions. Depuis le décès de Bédié en 2023, les rivalités internes se sont intensifiées, exacerbées par une gouvernance perçue comme centralisée. Malgré son élection écrasante à la tête du parti, Thiam peine à asseoir pleinement son autorité, d’autant plus qu’il a été empêché de se présenter à la présidentielle de 2025 pour des raisons liées à sa nationalité.
Les revers électoraux ont aggravé la situation : le PDCI a perdu une part importante de sa représentation à l’Assemblée nationale. Par ailleurs, des dissidences émergent, certains élus dénonçant un manque de concertation dans la gestion du parti. Cette fronde interne alimente l’image d’une formation en perte de cohésion.
L’absence physique de Thiam constitue un autre point de crispation. Lui-même évoque des risques sécuritaires en cas de retour en Côte d’Ivoire, attendant des garanties des autorités. Une position qui divise : si certains cadres défendent cette prudence, d’autres s’interrogent sur la capacité du leader à diriger efficacement à distance.
Enfin, au-delà des tensions organisationnelles, c’est la stratégie politique de Thiam qui suscite des interrogations. Ses prises de parole, parfois offensives, contrastent avec l’attente d’un projet structuré pour l’avenir du parti. Pour plusieurs observateurs, cette incertitude pourrait fragiliser davantage la dynamique du PDCI à l’approche des échéances futures.
Ainsi, conclut RFI, derrière l’unité affichée lors des festivités, le parti historique ivoirien reste confronté à des défis majeurs, entre leadership contesté et repositionnement politique.

