Face à la montée du cancer du col de l’utérus, les autorités sanitaires ivoiriennes accélèrent la riposte. Le projet Succès sert désormais de levier pour passer d’initiatives pilotes à une stratégie nationale de grande ampleur, avec l’ambition de réduire durablement la mortalité liée à cette maladie évitable.
Deuxième cancer féminin le plus fréquent après celui du sein, il reste paradoxalement le plus meurtrier en Côte d’Ivoire, en raison d’un dépistage encore insuffisant et de retards de prise en charge. Pourtant, la maladie peut être largement évitée grâce à la vaccination, au dépistage précoce et au traitement des lésions précancéreuses.
Les résultats du projet Succès sont jugés encourageants : plus de 40 500 femmes ont été dépistées et 113 agents de santé formés. L’introduction progressive du test HPV et de la thermocoagulation améliore la précision du diagnostic et la rapidité des soins. Sur 4 100 femmes testées, 18 % se sont révélées positives, permettant la prise en charge précoce de 66 cas précancéreux et de 7 cancers.
Malgré ces avancées, des défis persistent : réticences de certaines femmes, déficit d’information, barrières socioculturelles et lenteur dans la généralisation du test HPV, encore peu intégré aux autres programmes de santé.
La Côte d’Ivoire s’aligne sur les objectifs de l’OMS dits « 90-70-90 » : 90 % de jeunes filles vaccinées, 70 % de femmes dépistées et 90 % de patientes prises en charge. Le plan national, estimé à 28 milliards FCFA, repose sur une mobilisation conjointe de l’État, des partenaires techniques et financiers et du secteur privé. L’enjeu est clair : transformer les acquis en action massive pour éliminer un cancer évitable et sauver davantage de vies.

