À Pretoria, en Afrique du Sud, l’activiste panafricaniste Kemi Seba a comparu ce lundi devant un tribunal, dans une affaire mêlant séjour irrégulier, soupçons de tentative de passage clandestin vers le Zimbabwe et plusieurs vérifications administratives en cours. Il comparaissait aux côtés de son fils et d’un ressortissant sud-africain également impliqué dans le dossier.
Selon les éléments présentés à l’audience, ce dernier est soupçonné d’avoir facilité une tentative de déplacement illégal vers le Zimbabwe en échange d’une somme estimée à plus de 13 000 dollars. Les trois personnes arrêtées la semaine précédente par les autorités sud-africaines sont poursuivies pour séjour illégal.
Lors de cette première audience, le parquet a demandé un report afin de vérifier plusieurs éléments, notamment l’authenticité du passeport présenté par l’activiste, son statut de résidence, ainsi que des soupçons de blanchiment d’argent évoqués dans le dossier. La défense, elle, affirme que les documents sont en règle et soutient qu’il s’agit d’un passeport diplomatique nigérien confirmé par les autorités consulaires concernées.
Au-delà des charges retenues en Afrique du Sud, le dossier de Kemi Seba est également marqué par une dimension régionale sensible. L’activiste fait en effet l’objet d’un mandat d’arrêt émis par le Bénin, où il est accusé d’implication présumée dans une tentative de coup d’État survenue en décembre. Toutefois, cette dimension internationale n’a pas été abordée lors de la comparution à Pretoria.
La question d’une éventuelle extradition vers le Bénin reste donc, pour l’instant, totalement en suspens. Aucun débat ni requête officielle n’a été formulé à ce stade de la procédure en Afrique du Sud, où le tribunal s’est concentré sur les aspects liés au séjour et aux documents de voyage.
La défense a par ailleurs dénoncé les conditions de détention de l’activiste, indiquant qu’il est séparé de son fils et classé comme détenu à haut risque, ce qui limiterait ses échanges avec ses avocats.
L’affaire a été renvoyée au 29 avril pour l’examen d’une demande de mise en liberté sous caution. En attendant, Kemi Seba demeure en détention à Pretoria, dans l’attente de la suite de la procédure judiciaire.

