Sous une chaleur écrasante, Hussein Idris, 60 ans, courbé sous un lourd équipement de protection, balaie méthodiquement le parc Al-Mugran à Khartoum avec un détecteur de métaux. Autrefois lieu de détente, ce site de 4,5 km² est aujourd’hui un champ de mines laissé par la guerre.
Depuis plusieurs mois, une équipe du Conseil danois pour les réfugiés (DRC) et de l’organisation locale JASMAR procède au déminage. « C’est difficile, mais nous sommes encore en vie et le parc renaîtra », confie Idris. Des panneaux rouges avertissent les civils du danger permanent.
Selon les équipes, certaines mines auraient été posées pour ralentir et désorganiser les combats. Depuis leur découverte, des opérations intensives ont permis de retirer des milliers d’engins explosifs. Mais le travail reste immense : roquettes, obus et munitions non explosées sont encore dispersés dans la capitale soudanaise.
Malgré les risques, plus de 1,8 million d’habitants sont revenus à Khartoum. Beaucoup vivent cependant près de zones encore dangereuses. « Nous avons retiré plus de 12 000 explosifs, mais ce n’est qu’une partie du travail », souligne le DRC.
À Al-Mugran, environ 80 % de la zone serait sécurisée. Les démineurs espèrent terminer prochainement, malgré un environnement toujours instable. Chaque pas reste un combat entre danger et espoir de rendre la ville à ses habitants.

