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Sénégal : le retour de Macky Sall ravive la colère des victimes de la répression

Lundi 20 Juillet 2026 - 22:00

La venue de Macky Sall à Dakar provoque l’indignation des victimes des violences politiques, qui réclament justice avant toute réconciliation nationale.


Macky Sall en campagne diplomatique pour rallier des soutiens à sa candidature à la tête de l’ONU.
Macky Sall en campagne diplomatique pour rallier des soutiens à sa candidature à la tête de l’ONU.
 

Le retour de Macky Sall au Sénégal ne passe pas inaperçu. L’ancien président, au pouvoir de 2012 à 2024, est accueilli par une vive contestation de la part des familles de victimes des troubles politiques qui ont marqué la fin de son mandat. Pour elles, cette visite constitue une blessure supplémentaire et ravive des souvenirs encore douloureux.
 

Durant les années 2021 à 2024, le Sénégal a connu une série de manifestations liées à la crise politique autour de l’opposant Ousmane Sonko et du parti Pastef. Des dizaines de personnes ont perdu la vie, plusieurs milliers ont été blessées et de nombreuses arrestations ont été dénoncées par des organisations de défense des droits humains. Les familles des disparus accusent l’ancien régime d’avoir organisé une répression contre ses opposants.
 

« La venue de Macky Sall rouvre le drame », témoigne Salimaa Thiam, mère d’Ousmane Dia, décédé lors des violences politiques. Pour elle, l’ancien chef de l’État ne peut revenir au pays comme un citoyen ordinaire tant que les responsabilités n’ont pas été établies.
 

Même indignation chez Mabinta Bibi Djiba, ancienne détenue politique, qui estime que le Sénégal doit d’abord faire la lumière sur les événements avant d’évoquer une quelconque réconciliation. « Il faut situer les responsabilités », réclame-t-elle.
 

La polémique touche également le président Bassirou Diomaye Faye, accusé par certains militants de tourner le dos aux victimes en recevant Macky Sall, alors que ce dernier cherche des soutiens pour sa candidature au poste de secrétaire général des Nations unies. Pour Guy Marius Sagna, député de Pastef, cette rencontre constitue une « trahison ».
 

Du côté des analystes, la controverse reste profondément politique. Le professeur Adama Sadio, enseignant à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, rappelle que les victimes sont majoritairement issues du camp Pastef, ce qui complexifie le débat sur la justice et la mémoire.
 

Alors que le Sénégal tente de préserver son image de démocratie stable en Afrique de l’Ouest, la question de l’impunité demeure au cœur des tensions. Pour les victimes, aucune réconciliation durable ne pourra se construire sans vérité et justice.

Félix N'Guessan
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