L’ancienne journaliste et épouse de Laurent Gbagbo, Nady Bamba, a ouvert un nouveau front dans le débat politique ivoirien. Dans une tribune publiée dimanche 19 juillet 2026, elle s’en prend vivement à la réaction de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, Maurice Bandaman, après ses critiques contre Jean-Luc Mélenchon.
Le diplomate ivoirien avait récemment protesté contre des propos tenus par le leader de La France insoumise lors d’un meeting à Paris, au cours duquel ce dernier avait dénoncé la situation politique en Côte d’Ivoire et contesté les conditions de la réélection du président Alassane Ouattara en 2025. L’ambassade avait qualifié ces déclarations de « discourtoises », « condescendantes » et « irresponsables ».
Dans sa tribune, Nady Bamba reconnaît les qualités littéraires de Maurice Bandaman, tout en contestant sa posture diplomatique. Pour elle, la souveraineté nationale ne saurait être invoquée uniquement lorsque les critiques viennent de l’étranger. « La souveraineté ne doit pas devenir le refuge de nos contradictions », écrit-elle en substance.
La proche de l’ancien chef de l’État estime que les dirigeants africains doivent assumer leurs choix politiques sans attribuer systématiquement leurs difficultés aux puissances étrangères. Elle dénonce notamment ce qu’elle considère comme un « afro-fatalisme » consistant à faire porter à l’Occident la responsabilité exclusive des crises africaines.
Nady Bamba revient également sur les relations entre Abidjan et Paris, accusant la France de privilégier ses intérêts économiques et stratégiques au détriment des questions liées aux droits de l’Homme. Selon elle, ce silence diplomatique traduit davantage une volonté de préserver des positions acquises qu’une réelle politique de non-ingérence.
La tribune appelle enfin à une lecture plus nuancée des rapports entre États. Pour Nady Bamba, ni la France ne peut être réduite aux actions de Nicolas Sarkozy ou aux déclarations de Jean-Luc Mélenchon, ni la Côte d’Ivoire à la seule figure de son président. Une prise de position qui relance le débat sur la souveraineté, la démocratie et les relations franco-ivoiriennes.





