Le gouvernement militaire du Niger a annoncé la suspension des activités de 2 900 organisations non gouvernementales et agences de développement, sur un total de 4 700 enregistrées dans le pays. L’information a été rendue publique par le ministre de l’Intérieur, dans un contexte de renforcement du contrôle de l’État sur les acteurs du développement.
Depuis leur arrivée au pouvoir en juillet 2023, les autorités dirigées par le général Abdourahmane Tiani placent la souveraineté nationale au cœur de leur action, à l’image de leurs partenaires du Burkina Faso et du Mali au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Selon le gouvernement, cette mesure s’inscrit dans une opération d’« assainissement » du secteur humanitaire et associatif. Les ONG sont désormais appelées à se conformer strictement aux priorités nationales et aux exigences administratives, notamment en matière de transparence financière.
Les autorités accusent régulièrement certaines organisations de manque de clarté dans la gestion de leurs fonds, voire de collusion avec des groupes armés qualifiés de « terroristes ». En 2024, plusieurs ONG avaient déjà été suspendues pour non-publication de leurs états financiers dans les délais.
Dans la région, le Burkina Faso a également durci son cadre réglementaire, avec la dissolution récente de centaines d’associations. À Niamey, les ONG auraient mobilisé plus de 250 milliards de francs CFA en 2024, selon des chiffres officiels.

