Cette décision intervient dans un contexte où Banjul cherche à transformer les avoirs récupérés de l’ancien régime en ressources destinées aux victimes. En mai 2025, le ministère gambien de la Justice avait recensé des biens confisqués à Yahya Jammeh pour une valeur supérieure à 1,24 milliard de dalasis, soit environ 17 millions de dollars à l’époque.
L’inventaire comprenait notamment des participations dans Gam Petroleum et Comium Gambia Ltd, ainsi que des propriétés immobilières, des véhicules, des équipements et du bétail. La gestion de ces actifs avait toutefois suscité des interrogations, notamment autour de transactions intervenues avant l’achèvement des travaux de la Commission Janneh, chargée d’enquêter sur les avoirs de l’ancien régime.
Le nouvel accord avec Washington intervient alors que le mécanisme national de réparations est entré dans une phase opérationnelle. En janvier 2026, la Commission gambienne des réparations avait annoncé le début des indemnisations des victimes de violations des droits humains commises entre juillet 1994 et janvier 2017.
Avec ces nouveaux fonds, les autorités gambiennes entendent renforcer ce dispositif et inscrire la restitution des avoirs dans une démarche plus large de réparation. L’enjeu dépasse ainsi la récupération de biens : il s’agit de transformer des ressources liées à l’ancien régime en moyens de reconnaissance et d’indemnisation pour les victimes.






