À Minna, dans le centre du Nigeria, la tension reste vive après la mort de 37 chercheurs d’or présumés clandestins, décédés alors qu’ils étaient détenus par un groupe paramilitaire de défense civile. Au lendemain de l’annonce du drame, d’importants effectifs des forces de sécurité ont été déployés dans les rues pour prévenir de nouvelles violences. Vendredi, des manifestants continuaient de protester dans plusieurs quartiers de la ville. La veille, la colère avait dégénéré en émeutes : des routes avaient été bloquées et un dépôt de transport attaqué. La police avait fait usage de tirs pour disperser la foule.
Les circonstances exactes de la mort des détenus sont désormais au cœur des interrogations. Des survivants affirment que les victimes auraient succombé à l’asphyxie, faute d’une ventilation suffisante dans une cellule particulièrement surpeuplée. Selon ces témoignages, plusieurs détenus auraient appelé à l’aide sans obtenir de réponse. Cette version est confortée par un rapport des services de renseignement consulté par l’AFP, qui privilégie également l’hypothèse d’une asphyxie. Elle contredit la première explication avancée par la défense civile, qui avait évoqué une maladie pour expliquer les décès.
Face à l’escalade des tensions, les autorités ont instauré un couvre-feu nocturne à Minna. Le commandant local de la défense civile a également été suspendu, alors que les circonstances du drame doivent désormais faire l’objet d’investigations. L’affaire intervient dans un contexte de lutte contre les activités minières clandestines, particulièrement présentes dans plusieurs régions du Nigeria. Elle soulève aussi des interrogations sur les conditions de détention et la responsabilité des structures chargées du maintien de l’ordre.






