Dans son rapport annuel publié ce 21 avril, Amnesty International dresse un constat préoccupant : les violations des droits humains se sont aggravées en 2025 sur l’ensemble des continents. L’organisation pointe une dégradation continue des libertés fondamentales, marquée par des conflits persistants, des violences d’État et une impunité généralisée.
L’Afrique de l’Ouest et du Centre apparaît comme l’une des régions les plus touchées. Les conflits armés en République démocratique du Congo, au Soudan, au Mali, au Burkina Faso ou encore en Somalie continuent d’exposer les civils à des violences extrêmes, des déplacements forcés et des crimes graves. Les efforts diplomatiques engagés n’ont pas permis de faire baisser l’intensité des affrontements ni de protéger efficacement les populations.
Le rapport évoque également une hausse des disparitions forcées, des détentions arbitraires et des actes de torture, souvent attribués à des forces de sécurité ou à des groupes armés. Selon Amnesty, ces pratiques alimentent un climat de peur et renforcent le sentiment d’impunité dans plusieurs pays.
Habibatou Gologo, d’Amnesty International Dakar, identifie cinq tendances majeures : la persistance des conflits et de l’impunité, la privation des droits sociaux et économiques, la restriction de l’espace civique, les violences basées sur le genre et les impacts du changement climatique.
Les conséquences sont lourdes pour les populations, notamment les plus vulnérables. La réduction de l’aide internationale fragilise les systèmes de santé, tandis que la fermeture de milliers d’écoles au Tchad et au Mali prive plus de 600 000 enfants d’éducation.
Malgré ce tableau sombre, quelques avancées sont notées, comme certaines libérations de détenus ou l’ouverture d’enquêtes sur des violences contre des manifestants. Mais pour Amnesty International, ces progrès restent insuffisants face à l’ampleur des violations constatées.
