Le marché à bétail de Faladiè, en périphérie de Bamako, a été entièrement rasé le 19 avril 2025 par des bulldozers, dans le cadre d’une opération décidée en 2024 par les autorités maliennes. Cette mesure s’inscrit dans un contexte de renforcement sécuritaire, après des attaques attribuées à des groupes jihadistes ayant visé des sites sensibles de la capitale.
Officiellement, plusieurs marchés à bétail devaient être déplacés, les autorités suspectant certains d’avoir servi de refuge à des combattants. Mais le site de Faladiè abritait également un camp informel de déplacés internes, installé depuis 2019 avec un soutien humanitaire.
Sa destruction a laissé environ 300 familles, soit plus de 2 000 personnes, principalement des femmes et des enfants, sans abri ni assistance. Les déplacés font état de graves difficultés : manque d’eau, de nourriture et de soins, dans des conditions de grande précarité.
Parmi eux, Dado, originaire du centre du Mali, raconte avoir fui les violences en 2020 avec sa famille, espérant trouver refuge à Bamako. Elle dit aujourd’hui vivre une nouvelle perte de sécurité et attendre une solution durable.
Les autorités proposent une relocalisation vers Sanankoroba, à 35 km de la capitale, mais plusieurs témoignages indiquent que le site reste insuffisamment équipé et non opérationnel pour accueillir toutes les familles.
Cette démolition perturbe également l’activité économique locale, le garbal de Faladiè étant un point important du commerce de bétail pour Bamako et ses environs.
Face à l’urgence, les déplacés appellent à un relogement rapide et à une assistance humanitaire renforcée, tandis que les ONG et autorités peinent encore à proposer une réponse coordonnée.
