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Mali : Bamako plaide pour une réponse africaine unie face aux crises du Sahel

Vendredi 15 Mai 2026 - 14:00

Le Mali a échangé avec l’Union africaine sur les attaques du 25 avril, dans un climat marqué par les suspensions et les fractures régionales.


Le 14 mai 2026, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a eu une concertation informelle avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS-UA).
Le 14 mai 2026, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a eu une concertation informelle avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS-UA).
 

Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a tenu le 14 mai 2026 une concertation informelle avec le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS-UA). Cette rencontre s’est déroulée en présence des représentants du Burkina Faso et du Niger, deux pays associés au Mali au sein de la Confédération des États du Sahel (AES).
 

Au cœur des échanges figuraient les attaques survenues le 25 avril 2026, que Bamako présente comme une tentative d’offensive contre les plus hautes autorités de la Transition. Les autorités maliennes évoquent notamment une implication du Front de libération de l’Azawad (FLA), associé au JNIM, une lecture qui reste propre au gouvernement malien.
 

Cette concertation intervient dans un contexte déjà suivi au niveau continental. Le 28 avril 2026, le CPS-UA avait consacré sa 1342e réunion à la situation sécuritaire au Mali. À cette occasion, l’Union africaine avait réaffirmé son attachement à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale du pays, tout en appelant à une réponse régionale coordonnée et à un dialogue avec la Cédéao.
 

La rencontre du 14 mai met en lumière une situation diplomatique complexe. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger restent suspendus des activités de l’Union africaine depuis leurs transitions politiques respectives, respectivement en 2021, 2022 et 2023. Ces suspensions limitent leur participation institutionnelle, sans pour autant réduire leur rôle central dans les dynamiques sécuritaires du Sahel.

Dans ce contexte, Bamako insiste sur une réalité paradoxale : bien que marginalisés sur le plan institutionnel, les trois États de l’AES demeurent au cœur des enjeux de sécurité régionale. La porosité des frontières et la mobilité des groupes armés imposent, selon les autorités maliennes, une coopération qui dépasse les cadres formels.

Le ministre Abdoulaye Diop a ainsi appelé à une solidarité africaine plus opérationnelle face au terrorisme, ainsi qu’à un renforcement de la coopération sécuritaire entre États sahéliens. Il a également plaidé pour une réduction des ingérences extérieures et un retour progressif de la confiance entre les pays de la région.
 

La question des relations avec la Cédéao demeure également en toile de fond. Après leur retrait officiel de l’organisation ouest-africaine en 2025, le Mali, le Burkina Faso et le Niger affirment désormais vouloir privilégier une nouvelle approche régionale, centrée sur la souveraineté et la coopération au sein de l’AES.
 

Malgré les tensions institutionnelles, les échanges entre Bamako et le CPS-UA traduisent une volonté de maintenir des canaux de dialogue. Dans une région marquée par la multiplication des attaques et la fragilité des États, la coordination sécuritaire apparaît comme une nécessité incontournable.
 

Pour le Mali, l’objectif reste clair : renforcer la lutte contre le terrorisme à travers une solidarité africaine plus concrète et mieux coordonnée. Reste désormais à savoir si ces discussions pourront déboucher sur des mécanismes opérationnels, dans un environnement régional encore marqué par de profondes divergences politiques et diplomatiques.

Félix N'Guessan

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