Officiellement lancé en 2025 au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, le passeport biométrique censé renforcer l’intégration régionale peine encore à s’imposer pleinement sur le terrain. Présenté comme un document de nouvelle génération conforme aux standards internationaux, il devait remplacer progressivement les anciens passeports de la CEDEAO.
Au Niger, la transition reste lente. Les citoyens continuent majoritairement de recevoir des passeports portant encore le logo de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Plusieurs usagers témoignent de leur surprise après avoir obtenu un document CEDEAO, alors qu’ils s’attendaient à un passeport estampillé AES. Officiellement, le dispositif de production et de délivrance des nouveaux documents est en cours de déploiement.
La situation contraste avec celle du Burkina Faso et du Mali, où les passeports AES sont déjà en circulation. Dans ces deux pays, les nouveaux documents biométriques sont progressivement délivrés, malgré quelques difficultés initiales liées à leur reconnaissance à l’étranger. Le Mali affirme désormais une meilleure acceptation du passeport, notamment auprès de sa diaspora.
Dans le même temps, les anciens passeports CEDEAO restent valides jusqu’à leur expiration, assurant une période de transition. Les autorités des trois pays ont également introduit une carte nationale d’identité biométrique AES, dont la production de masse a débuté en 2026.
Présenté comme un outil de souveraineté et de sécurisation des déplacements, le passeport AES intègre une puce électronique et des dispositifs de lutte contre la falsification. Mais son déploiement progressif illustre les défis logistiques et administratifs liés à la mise en place de ce nouveau système d’identité commun au sein de l’espace sahélien.

