La course à la succession – ou à la reconduction – à la tête de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) entre dans sa phase décisive. Réunis à Paris en session extraordinaire, les ministres des Affaires étrangères des 53 États et gouvernements membres de plein droit auditionnent, ce 30 juin, les quatre prétendants au poste de secrétaire général. Une première dans l'histoire de l'organisation, rendue possible par la réforme institutionnelle adoptée en 2022, qui impose désormais aux candidats de présenter un programme et de défendre publiquement leur vision.
La secrétaire générale sortante, Louise Mushikiwabo, sollicite un troisième mandat en mettant en avant les réformes engagées depuis 2019 : modernisation de l'institution, transformation numérique, entrepreneuriat des jeunes et promotion du français comme langue d'opportunités économiques.
Face à elle, la Congolaise Juliana Lumumba prône une Francophonie plus proche des populations et plaide pour une gouvernance davantage en phase avec le poids démographique de l'Afrique, où vit désormais la majorité des francophones.
La Mauritanienne Coumba Ba mise sur son expérience diplomatique pour promouvoir une organisation fondée sur le dialogue et la recherche du consensus, tandis que le Roumain Dacian Cioloș, seul candidat européen, défend une Francophonie ouverte sur l'innovation, les investissements et les partenariats internationaux.
Ces auditions interviennent dans un contexte marqué par des tensions entre certains États membres, notamment entre le Rwanda et la République démocratique du Congo. Au-delà des candidatures, l'enjeu est de préserver la cohésion d'une organisation forte de 90 États et gouvernements. Le verdict sera rendu le 16 novembre prochain, à Phnom Penh, où les chefs d'État désigneront le visage qui conduira la Francophonie pour le mandat 2027-2030.




