Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans sa transition politique avec l’adoption d’une charte révolutionnaire qui redéfinit le cadre institutionnel du pays et ouvre la voie à la participation du capitaine Ibrahim Traoré aux prochaines échéances électorales.
Adopté à une écrasante majorité par l’Assemblée législative de transition, le nouveau texte a recueilli 70 voix pour, sans opposition ni abstention. Il remplace la Charte de la Transition de 2022 et vise, selon ses promoteurs, à « doter le Burkina Faso d’un cadre institutionnel consolidé encadrant la conduite de la transition dans le contexte de la Révolution progressiste populaire ».
Cette nouvelle charte consacre ainsi la « Révolution progressiste populaire » (RPP), proclamée le 1er avril 2025 par le chef de l’État. Elle abroge les dispositions antérieures et redéfinit les bases politiques et institutionnelles du pays en prélude aux futures élections.
L’un des points majeurs du texte concerne l’éligibilité du président de la transition. Il stipule clairement que le capitaine Ibrahim Traoré peut se porter candidat aux élections présidentielle, législatives et municipales qui seront organisées pour mettre fin à la période révolutionnaire. Une précision qui met fin aux incertitudes entourant la participation du dirigeant burkinabè aux prochains scrutins.
La réforme introduit également une refonte des institutions. Le gouvernement de transition est désormais désigné sous l’appellation de « gouvernement du Peuple », tandis que l’Assemblée législative de transition devient l’« Assemblée législative de la Révolution ».
Par ailleurs, la charte supprime la représentation des partis et mouvements politiques au sein de l’organe législatif. Les sièges qui leur étaient attribués ont été réaffectés, dans la continuité de l’abrogation de la charte des partis politiques et de la suppression du statut de l’opposition.
Avec ces changements, les forces politiques ne disposent plus d’une représentation garantie au Parlement, marquant une rupture significative avec l’organisation institutionnelle précédente.
L’adoption de ce texte intervient un an après la proclamation officielle de la Révolution progressiste populaire. Sur les 71 membres de l’Assemblée législative de transition, 70 ont pris part au vote, validant unanimement cette nouvelle orientation politique du Burkina Faso.

