La décision de la Cour constitutionnelle de valider la loi fixant les modalités d'organisation d'un référendum marque un nouveau tournant dans la vie politique de la République démocratique du Congo. Si le pouvoir y voit une étape juridique conforme aux institutions, l'opposition redoute qu'elle n'ouvre la voie à une révision de la Constitution susceptible de permettre un troisième mandat du président Félix Tshisekedi.
Réunie au sein de la coalition Article 64, l'opposition a immédiatement dénoncé cette décision et appelé les Congolais à maintenir la mobilisation. Pour son porte-parole, Prince Epenge, il est hors de question de laisser cette loi entrer en application. Le mouvement affirme vouloir empêcher toute réforme constitutionnelle qu'il juge contraire aux intérêts du pays.
À Kinshasa, cette nouvelle séquence politique nourrit l'inquiétude d'une partie de la population. Plusieurs habitants redoutent que les manifestations annoncées ne dégénèrent en violences et ne perturbent durablement les activités économiques et sociales. Beaucoup craignent que les civils soient les premières victimes d'une nouvelle escalade des tensions.
Pour plusieurs observateurs, les prochaines décisions du chef de l'État seront déterminantes. L'analyste Timo Roujean estime qu'une promulgation rapide de la loi pourrait compromettre les efforts de dialogue politique engagés ces derniers mois et renforcer les positions les plus radicales au sein de l'opposition.
Entre un camp présidentiel qui dispose désormais d'un cadre légal pour organiser un référendum et une opposition résolue à bloquer toute modification de la Constitution, la RDC entre dans une période particulièrement sensible. Les semaines à venir seront décisives pour l'avenir du dialogue politique et la stabilité institutionnelle du pays.






