L'ancien ministre congolais de la Justice, Constant Mutamba, a choisi de quitter le banc des accusés avant la clôture de son procès devant la Cour de cassation de la République démocratique du Congo. Le 27 juillet, il a dénoncé une procédure qu'il juge entachée d'irrégularités et contraire à ses droits, refusant ainsi d'assister à la suite des audiences.
Au cœur de cette affaire figure un présumé détournement de 20 millions de dollars issus du Fonds de réparation destiné aux victimes de l'Ouganda. Les magistrats cherchent à établir les conditions d'utilisation des 325 millions de dollars versés à la RDC en cinq tranches dans le cadre de ce mécanisme d'indemnisation.
L'enquête s'intéresse notamment à plusieurs opérations financières considérées comme suspectes. Parmi elles figurent le décaissement de quatorze millions de dollars pour la réhabilitation d'une centrale hydroélectrique confiée à une société privée, ainsi que l'affectation de quatre millions de dollars au zoo de Kisangani, alors que sept millions avaient initialement été sollicités.
Le ministère public reproche à Constant Mutamba d'avoir autorisé certains de ces décaissements lorsqu'il dirigeait le ministère de la Justice. L'ancien ministre conteste les accusations et affirme que ses droits à un procès équitable n'ont pas été respectés.
La prochaine étape judiciaire est attendue mercredi avec les réquisitions du parquet et les plaidoiries de la défense. En cas de condamnation, Constant Mutamba encourt une peine pouvant aller jusqu'à vingt ans de prison. Cette nouvelle procédure intervient alors qu'il exécute déjà, en résidence surveillée, une condamnation à trois ans de travaux forcés pour détournement, renforçant les enjeux politiques et judiciaires de ce dossier très suivi en RDC.






