L'accalmie aura été de courte durée. En Éthiopie, les combats ont repris samedi entre les forces fédérales et les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), faisant ressurgir le spectre d'un nouveau conflit dans cette région déjà meurtrie par deux années de guerre.
Selon les responsables du TPLF, les forces gouvernementales ont lancé une offensive contre leurs positions à Shererina, dans le Tigré occidental, à proximité de la frontière avec le Soudan. Les rebelles affirment que les affrontements se poursuivaient encore samedi.
Cette reprise des hostilités intervient dans un contexte de fortes tensions entre Addis-Abeba et Khartoum. Les autorités éthiopiennes accusent le Soudan de soutenir financièrement les combattants tigréens, une accusation rejetée par Khartoum.
De son côté, le Soudan affirme avoir été la cible de frappes de drones provenant du territoire éthiopien, alimentant davantage les crispations entre les deux pays voisins.
La résurgence des combats remet en cause les progrès réalisés depuis la signature de l'accord de paix de Pretoria, conclu en novembre 2022 sous l'égide de l'Union africaine. Cet accord avait permis de mettre fin à une guerre particulièrement dévastatrice opposant le gouvernement éthiopien aux forces du TPLF.
Le conflit, qui s'est déroulé entre 2020 et 2022, a provoqué l'une des plus graves crises humanitaires du continent africain. Selon une estimation de l'Union africaine, il aurait fait au moins 600 000 morts, en plus de millions de déplacés et de graves destructions d'infrastructures.
La reprise des affrontements fait désormais craindre une nouvelle escalade militaire, susceptible de déstabiliser davantage la Corne de l'Afrique, une région déjà fragilisée par de multiples crises sécuritaires et diplomatiques.






