La justice pénale internationale doit rester avant tout un outil au service des victimes. À l’occasion de la Journée internationale de la justice pénale célébrée le 17 juillet, Ali Ouattara, coordonnateur des Coalitions de l’Afrique francophone pour la Cour pénale internationale (CPI), appelle à renforcer la confiance des opinions publiques africaines envers cette institution.
Dans un contexte marqué par les critiques contre la CPI et les retraits de certains États du Statut de Rome, il estime que ces décisions constituent une menace pour les populations touchées par les crimes les plus graves. Cinq pays ont déjà quitté la Cour : le Burundi, les Philippines, le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Pour Ali Ouattara, ces départs risquent de priver certaines victimes d’un recours international essentiel.
« Les premières victimes de ces retraits sont les populations », souligne-t-il, rappelant que la CPI demeure parfois le dernier recours pour obtenir justice lorsque les mécanismes nationaux sont insuffisants.
Face aux accusations récurrentes selon lesquelles la Cour ciblerait principalement l’Afrique, le responsable des Coalitions africaines pour la CPI réfute cette analyse. Il rappelle que le continent africain est le plus représenté au sein de l’institution avec 33 États parties au Statut de Rome.
Selon lui, la majorité des affaires africaines traitées par la CPI ont été transmises par les États eux-mêmes, conformément aux mécanismes prévus par le Statut de Rome. Les enquêtes peuvent également être ouvertes à l’initiative du procureur ou sur décision du Conseil de sécurité des Nations unies.
Ali Ouattara insiste ainsi sur la nécessité de mieux faire connaître le fonctionnement de la Cour afin de dépasser les perceptions négatives. Il rappelle que la CPI traite aujourd’hui des situations dans plusieurs régions du monde et qu’elle a également engagé des procédures concernant des responsables de grandes puissances.
Pour ses défenseurs, la justice internationale ne doit pas être perçue comme un instrument politique, mais comme un moyen de rendre justice aux victimes et de lutter contre l’impunité, quels que soient les auteurs des crimes.





