Les inondations dévastatrices qui ont frappé la Côte d'Ivoire, le Ghana et le Togo en juin 2026 portent clairement l'empreinte du changement climatique d'origine humaine. C'est la conclusion d'une étude menée par des chercheurs internationaux, qui estime que le réchauffement de la planète a rendu ces précipitations extrêmes plus probables et plus intenses, aggravant ainsi leurs conséquences humaines et matérielles.
Entre le 20 et le 22 juin, les régions côtières du golfe de Guinée ont enregistré des pluies d'une intensité exceptionnelle. Dans plusieurs villes, plus de 140 millimètres d'eau sont tombés en moins de 24 heures, provoquant des crues soudaines, l'effondrement des réseaux de drainage et des inondations qui ont fait au moins 98 victimes : 59 en Côte d'Ivoire, 34 au Ghana et cinq au Togo.
En analysant les données météorologiques historiques et des simulations climatiques, les scientifiques ont établi que les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines ont accru de 4 à 23 % l'intensité de ces pluies. Les observations montrent également que ce type d'événement est aujourd'hui environ cinq fois plus probable qu'à l'époque préindustrielle. Autrefois exceptionnel, un tel épisode est désormais susceptible de se produire tous les deux à quatre ans.
Pour les chercheurs, cette évolution est particulièrement préoccupante dans les grandes villes côtières d'Afrique de l'Ouest, où l'urbanisation rapide des zones inondables accentue la vulnérabilité des populations. Les infrastructures de drainage, souvent insuffisantes, peinent à absorber des volumes d'eau devenus plus importants sous l'effet du réchauffement climatique.
La Dre Joyce Kimutai, spécialiste des phénomènes météorologiques extrêmes à l'Imperial College London, estime que les résultats confirment le rôle déterminant des activités humaines dans l'aggravation de cet épisode. Selon elle, les pays industrialisés ont une responsabilité particulière pour soutenir les États africains dans leur adaptation aux conséquences du changement climatique.
Même constat pour le Centre climatique de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, qui appelle à des investissements massifs dans les systèmes de drainage, les logements résilients, les dispositifs d'alerte précoce et une planification urbaine adaptée aux nouveaux risques climatiques.
La climatologue Friederike Otto rappelle que ces catastrophes illustrent une tendance mondiale : les phénomènes météorologiques extrêmes deviennent plus fréquents et plus destructeurs à mesure que la température de la planète augmente. Pour Simon Stiell, secrétaire exécutif de l'ONU Climat, seule une réduction rapide des émissions de gaz à effet de serre, associée à un financement accru de l'adaptation climatique, permettra de limiter l'ampleur des catastrophes à venir.
Cette étude constitue un nouvel avertissement pour les pays du golfe de Guinée, appelés à renforcer sans délai leurs politiques de résilience face à des événements climatiques qui ne relèvent plus de l'exception, mais d'une nouvelle réalité.





