Carrière militaire en Côte d’Ivoire : de l’EMPT à Zambakro, comment intégrer l’élite des FACI ?

Jeudi 26 Février 2026 - 20:55

De Bingerville à Bouaké, jusqu’à Zambakro, la Côte d’Ivoire a structuré un véritable parcours d’excellence pour former ses militaires. De la classe de 6e au grade d’officier, trois grandes institutions façonnent les cadres des Forces armées de Côte d’Ivoire : l’EMPT, l’ENSOA et l’Académie des Forces Armées. Tour d’horizon d’un système rigoureux, pensé pour préparer la relève militaire nationale.


À Bingerville, l’EMPT prépare les vocations dès le collège
 

Située à Bingerville, l’École militaire préparatoire technique (EMPT) est l’un des établissements secondaires les plus sélectifs du pays. Placée sous la tutelle du ministère de la Défense, elle a été fondée en 1939 sous l’appellation d’École d’enfants de troupe, avant de passer sous commandement ivoirien en 1975.

Initialement tournée vers l’enseignement technique, l’école a progressivement intégré l’enseignement général dès 1979. Depuis l’année académique 2013-2014, elle accueille également des jeunes filles, marquant une évolution majeure dans l’ouverture de la formation militaire.

 

Former l’homme avant le soldat

La mission de l’EMPT est claire : dispenser une formation complète — morale, intellectuelle, physique et militaire — afin de préparer les élèves à intégrer, à terme, les Forces armées ivoiriennes.

Le recrutement s’effectue dès la classe de CM2. Les candidats doivent être âgés de 12 ans au maximum et réussir un concours particulièrement sélectif. Si la majorité des admis sont ivoiriens, l’établissement accueille aussi chaque année quelques élèves issus de pays africains partenaires.

Le cursus est exigeant. De la 6e à la 3e, les élèves suivent un enseignement général similaire à celui des collèges modernes publics, mais avec une discipline renforcée. La moyenne minimale exigée pour passer en classe supérieure est fixée à 12/20. La conduite et le comportement en internat sont fortement coefficientés.
 

Après le baccalauréat, les élèves sont orientés vers les universités ou grandes écoles. Certains pourront ensuite se présenter au concours d’entrée de l’Académie des Forces Armées, poursuivant ainsi leur parcours militaire.

Aujourd’hui, l’EMPT demeure l’un des principaux viviers de l’élite militaire ivoirienne.

L’ENSOA de Bouaké, creuset des sous-officiers
 

Créée en 1963, l’École Nationale des Sous-Officiers d’Active (ENSOA) constitue la « maison mère » des sous-officiers des armées ivoiriennes.

Implantée historiquement à Bouaké, elle a connu un transfert temporaire à Daoukro en 2005 en raison de la crise militaro-politique, avant de reprendre ses activités sur son site traditionnel.
 

Pilier du commandement de proximité

L’ENSOA assure la formation initiale des sergents et maréchaux-des-logis, le perfectionnement des sous-officiers ainsi que la formation spécialisée des différentes armes. Elle participe également à la formation de personnels paramilitaires, notamment pour la police et les douanes.

Pour la session 2026, les candidats doivent être âgés de 18 à 26 ans et titulaires du BEPC. Le concours comprend des épreuves écrites, sportives et une visite médicale.

Le calendrier indicatif prévoit des inscriptions entre novembre 2025 et février 2026, pour des épreuves programmées en juin 2026.

La formation initiale dure en moyenne six à huit mois, complétée par une formation de spécialité de deux à six mois en unité. À l’issue de ce parcours, les sous-officiers deviennent un maillon essentiel du commandement opérationnel.
 

À Zambakro, l’Académie des Forces Armées forme les officiers

Située près de Yamoussoukro, l’Académie des Forces Armées (AFA) représente le sommet de la formation militaire en Côte d’Ivoire. Depuis 2020, elle a remplacé l’ancienne École des Forces Armées.

L’AFA forme les officiers interarmées — armée de terre, armée de l’air, marine, forces spéciales — et accueille également des stagiaires étrangers, témoignant de son rayonnement régional.
 

Une formation académique et stratégique

L’académie regroupe plusieurs entités :

  • l’école de formation des officiers,

  • l’école de perfectionnement,

  • l’école de spécialisation,

  • le Cours d’Études Supérieures de Défense (CESD).

Le concours direct est ouvert aux Ivoiriens âgés de 18 à 26 ans, titulaires d’une licence. Les candidats doivent répondre à des critères physiques (1,65 m minimum pour les hommes, 1,60 m pour les femmes) et satisfaire aux exigences médicales.
Pour la session 2025, les inscriptions se sont déroulées du 24 mars au 25 avril. Les dates 2026 seront communiquées par le Bureau Concours de l’État-Major Général des Armées.

Un parcours progressif et structuré

Le système militaire ivoirien offre ainsi trois portes d’entrée distinctes :

  • L’EMPT pour une formation dès le secondaire,

  • L’ENSOA pour devenir sous-officier,

  • L’AFA pour accéder au corps des officiers.

Ce modèle permet un recrutement précoce, une promotion interne possible et une formation continue adaptée aux défis sécuritaires contemporains.


Une vocation au service de la Nation

Choisir l’EMPT, l’ENSOA ou l’Académie des Forces Armées de Zambakro, c’est s’engager dans une carrière exigeante fondée sur la discipline, le mérite et le sens du devoir.

Dans un contexte régional marqué par des enjeux sécuritaires majeurs, ces écoles demeurent des piliers stratégiques pour assurer la relève et la montée en puissance des Forces armées de Côte d’Ivoire.

Pour les candidats, la règle reste immuable : excellence académique, rigueur physique et détermination à servir la Nation.
 

Félix N'Guessan 

 

 

 

Félix N'Guessan

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