Le bras de fer commercial entre le Canada et les États-Unis connaît une nouvelle escalade. Après l’échec des négociations avec Washington, Ottawa a décidé de riposter aux nouvelles mesures douanières américaines, dans un conflit qui menace de peser davantage sur les deux économies.
Le Premier ministre canadien Mark Carney bénéficie toutefois d’un large soutien de la population. Près de trois Canadiens sur quatre approuvent sa décision de mettre fin aux discussions jugées infructueuses avec l’administration Trump. Au Québec, ce soutien atteint 85 %, dans un contexte où les exigences américaines sont perçues comme une menace pour certaines spécificités culturelles francophones.
Depuis plusieurs jours, les annonces de nouvelles taxes se succèdent. Les États-Unis appliquent notamment des droits de douane de 50 % sur certains produits canadiens, tandis que Donald Trump a annoncé une hausse des taxes visant l’automobile canadienne, qui doivent passer de 25 % à 50 % au 1er janvier prochain.
Ottawa prépare à son tour une riposte. À compter du 8 septembre, des droits de douane compris entre 15 % et 50 % pourraient frapper plusieurs produits américains, notamment l’acier, les produits laitiers, le matériel agricole, le papier, l’électronique et les appareils électroménagers.
Le ministre canadien des Finances, François-Philippe Champagne, assure que la réponse sera calculée « au dollar près » afin de correspondre aux surtaxes américaines. Ottawa insiste toutefois sur le fait qu’il n’a pas choisi cette confrontation, les États-Unis demeurant de loin son principal partenaire commercial.
Donald Trump défend, de son côté, une tout autre lecture. Le président américain accuse le Canada de profiter depuis des années des relations commerciales bilatérales et estime que Washington doit rééquilibrer les échanges.
Cette nouvelle bataille commerciale intervient après plusieurs mois de tensions, marqués notamment par les déclarations de Trump sur une éventuelle intégration du Canada comme 51e État américain. Face à cette offensive, le gouvernement Carney affiche désormais une ligne claire : défendre les intérêts économiques et l’autonomie du Canada, même au prix d’une confrontation avec son puissant voisin.






