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Côte d’Ivoire : le projet Nectar mise sur les plantes africaines contre les moustiques résistants

Jeudi 27 Août 2026 - 17:00

À Abidjan, le projet Nectar explore les plantes médicinales africaines pour découvrir de nouvelles molécules capables de combattre les moustiques résistants.


 

Face à la progression de la résistance des moustiques aux insecticides, la Côte d’Ivoire mise sur la recherche scientifique et les ressources de sa pharmacopée. Le projet Nectar, officiellement lancé mercredi 26 août 2026 à Abidjan, entend identifier de nouvelles molécules capables de lutter contre les moustiques vecteurs du paludisme et d’autres maladies.
 

Co-piloté par le Centre suisse de recherches scientifiques en Côte d’Ivoire (CSRS), le programme réunit un consortium international comprenant notamment l’Université de Purdue aux États-Unis, la société Enveda, la Fondation Bill & Melinda Gates et l’Université Nangui Abrogoua. Une alliance scientifique qui place la Côte d’Ivoire au cœur d’une recherche tournée vers de nouvelles solutions de lutte anti-vectorielle.
 

Le constat à l’origine de cette initiative est préoccupant : les moustiques développent une résistance croissante aux substances chimiques utilisées dans les dispositifs actuels, notamment les moustiquaires imprégnées. Pour le professeur Benjamin Koudou, coordinateur du projet, l’une des pistes prometteuses consiste désormais à puiser dans la richesse des plantes médicinales locales.
 

Sur une quinzaine d’espèces végétales ciblées, cinq doivent prochainement faire l’objet de collectes sur le terrain. Le projet, prévu sur 22 mois, ambitionne d’identifier, dans les 12 à 15 premiers mois, deux ou trois plantes présentant une forte efficacité insecticide. Les molécules retenues pourraient ensuite servir au développement de produits destinés à la pulvérisation intra-domiciliaire ou à l’imprégnation de moustiquaires de nouvelle génération.
 

Au-delà de la recherche, Nectar entend valoriser durablement les ressources biologiques ivoiriennes. La collecte et l’utilisation des plantes seront ainsi encadrées par le Protocole de Nagoya, auquel la Côte d’Ivoire a adhéré en 2013. Le consentement des communautés concernées, la traçabilité des ressources et la protection de la propriété intellectuelle font partie des exigences du programme.
 

En laboratoire, les extraits végétaux seront soumis à des analyses moléculaires et à des bio-essais sur des souches locales de moustiques multirésistants. Une démarche qui pourrait ouvrir une nouvelle voie dans la lutte contre le paludisme, mais aussi contre la dengue, la fièvre jaune et d’autres maladies transmises par les moustiques.

Félix N'Guessan
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