Le ciel semblait avoir décidé de ne faire aucune distinction entre les grandes capitales du golfe de Guinée. Après Abidjan, durement frappée par les fortes précipitations de ce lundi 29 juin, c'est Accra qui s'est réveillée sous les eaux, tandis que Lagos, au Nigeria, subissait également les conséquences d'intempéries d'une rare intensité. En l'espace de quelques heures, les pluies ont rappelé une réalité désormais récurrente : les métropoles ouest-africaines peinent encore à résister aux épisodes climatiques extrêmes.
À Accra, les eaux ont rapidement envahi plusieurs quartiers, transformant rues et avenues en véritables cours d'eau. Weija, Mallam, Kaneshie, Spintex, Apenkwa, Tesano ou encore l'axe Accra-Kasoa ont enregistré d'importantes inondations. Des habitations, des commerces et des marchés ont été submergés, obligeant de nombreux habitants à interrompre leurs activités.
Les infrastructures routières n'ont pas été épargnées. Sur l'axe Accra-Kasoa, des dégradations importantes ont provoqué un gigantesque embouteillage qui a paralysé pendant plusieurs heures l'une des principales portes d'entrée de la capitale ghanéenne. Selon des sources locales, ces intempéries ont également causé des pertes en vies humaines.
L'activité économique a subi un coup d'arrêt. Dans le secteur d'Accra-Kasoa, plusieurs restaurants sont restés fermés toute la journée, faute d'accès pour les clients et le personnel. De nombreux commerçants ont également constaté d'importantes pertes après l'inondation de leurs boutiques.
Quelques centaines de kilomètres plus à l'est, Lagos connaissait un scénario similaire. Le dimanche 28 juin, la capitale économique du Nigeria a été frappée par de fortes pluies qui ont submergé plusieurs routes majeures, immobilisant des milliers d'automobilistes pendant de longues heures. Les images de véhicules prisonniers des eaux ont largement circulé sur les réseaux sociaux, illustrant une nouvelle fois les difficultés de circulation que connaît régulièrement cette mégapole lors des saisons pluvieuses.
D'Abidjan à Accra, en passant par Lagos, les scènes se ressemblent : quartiers inondés, populations piégées, circulation paralysée, commerces fermés et infrastructures mises à rude épreuve. Malgré des contextes urbains différents, ces trois grandes villes partagent les mêmes vulnérabilités face à des pluies de plus en plus intenses.
Au-delà des dégâts matériels et des pertes humaines, ces événements relancent le débat sur l'adaptation des villes africaines au changement climatique. L'insuffisance des réseaux de drainage, l'urbanisation rapide, l'occupation anarchique de certaines zones inondables et le mauvais entretien des caniveaux aggravent chaque année les conséquences de ces précipitations exceptionnelles.
Pour les populations, ces pluies ne sont plus de simples intempéries saisonnières. Elles deviennent progressivement le symbole d'une urgence climatique et urbaine qui impose aux États d'investir davantage dans des infrastructures résilientes, capables de protéger les habitants et de préserver le fonctionnement des grandes métropoles du continent.




