Les cadres du Worodougou appelés à défendre un patrimoine économique stratégique
La Tabaski 2026 en Côte d’Ivoire a été particulièrement marquée par des tensions autour de l’approvisionnement en bétail, notamment en béliers sur le marché. Officiellement, le Burkina Faso, l’un des grands fournisseurs de la Côte d’Ivoire, a annoncé vouloir garantir sa consommation locale en interdisant l’exportation de son bétail à quelques jours de la fête. Cette décision a mis la Côte d’Ivoire sous pression, devant combler un déficit de plus de 370 000 têtes de béliers pour la fête. Comment en est-on arrivé à une telle situation ?
Créé en 1975 dans le département de Séguéla, le Ranch de la Marahoué symbolisait l’ambition d’une Côte d’Ivoire tournée vers l’autosuffisance alimentaire. Financé par le Fonds européen de développement (FED), ce vaste domaine de 100 000 hectares devait permettre au pays de produire suffisamment de viande, de former des techniciens en élevage et de promouvoir la race bovine N’Dama, réputée pour sa résistance aux maladies tropicales.
Pendant plusieurs décennies, ce projet a été présenté comme une référence en Afrique de l’Ouest. Pourtant, cinquante ans plus tard, la Côte d’Ivoire dépend massivement des importations de bétail en provenance principalement du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Le contraste est saisissant : alors que le pays avait anticipé dès les années 1970 les enjeux de souveraineté alimentaire, le Ranch de la Marahoué est aujourd’hui l’ombre de lui-même.
Créé en 1975 dans le département de Séguéla, le Ranch de la Marahoué symbolisait l’ambition d’une Côte d’Ivoire tournée vers l’autosuffisance alimentaire. Financé par le Fonds européen de développement (FED), ce vaste domaine de 100 000 hectares devait permettre au pays de produire suffisamment de viande, de former des techniciens en élevage et de promouvoir la race bovine N’Dama, réputée pour sa résistance aux maladies tropicales.
Pendant plusieurs décennies, ce projet a été présenté comme une référence en Afrique de l’Ouest. Pourtant, cinquante ans plus tard, la Côte d’Ivoire dépend massivement des importations de bétail en provenance principalement du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Le contraste est saisissant : alors que le pays avait anticipé dès les années 1970 les enjeux de souveraineté alimentaire, le Ranch de la Marahoué est aujourd’hui l’ombre de lui-même.
D’un modèle de réussite à une lente dégradation
À son apogée dans les années 1980-1990, le ranch disposait d’un cheptel estimé à près de 13 000 têtes de bétail. Les infrastructures étaient impressionnantes : des centaines de kilomètres de pistes, des forages, des barrages, des centres de traitement vétérinaire, des prairies artificielles, des ateliers, des laboratoires, une école, une infirmerie, un motel, une piscine et même un héliport. Le site fonctionnait comme une véritable petite ville autonome.
Le Ranch de la Marahoué ne servait pas uniquement à produire du bétail. Il formait également des techniciens venus de toute l’Afrique de l’Ouest et contribuait à moderniser les pratiques d’élevage ivoiriennes. Des générations de jeunes du Worodougou ont grandi avec la fierté de ce projet considéré comme un joyau national.
Mais après les années Houphouët-Boigny, le manque d’investissements réguliers, l’affaiblissement de la gouvernance publique et surtout les crises militaro-politiques ont progressivement détruit cet acquis stratégique. La rébellion de 2002 a porté un coup fatal : pillages, destruction des équipements, disparition du cheptel et départ de nombreux agents qualifiés.
Aujourd’hui, le constat est alarmant. Le personnel a fortement diminué, les machines sont à l’arrêt et le cheptel est tombé à une centaine de têtes. Les logements des travailleurs ne sont plus alimentés en électricité, et un unique véhicule assure à la fois les missions administratives, sanitaires et logistiques. Le ranch, qui devait nourrir la Côte d’Ivoire, lutte désormais pour sa propre survie.
Le Ranch de la Marahoué ne servait pas uniquement à produire du bétail. Il formait également des techniciens venus de toute l’Afrique de l’Ouest et contribuait à moderniser les pratiques d’élevage ivoiriennes. Des générations de jeunes du Worodougou ont grandi avec la fierté de ce projet considéré comme un joyau national.
Mais après les années Houphouët-Boigny, le manque d’investissements réguliers, l’affaiblissement de la gouvernance publique et surtout les crises militaro-politiques ont progressivement détruit cet acquis stratégique. La rébellion de 2002 a porté un coup fatal : pillages, destruction des équipements, disparition du cheptel et départ de nombreux agents qualifiés.
Aujourd’hui, le constat est alarmant. Le personnel a fortement diminué, les machines sont à l’arrêt et le cheptel est tombé à une centaine de têtes. Les logements des travailleurs ne sont plus alimentés en électricité, et un unique véhicule assure à la fois les missions administratives, sanitaires et logistiques. Le ranch, qui devait nourrir la Côte d’Ivoire, lutte désormais pour sa propre survie.
Une relance devenue un impératif national
La situation actuelle pose une question fondamentale : comment un pays qui avait autant investi dans l’élevage est-il devenu aussi dépendant des importations de bétail ?
La réponse réside dans l’abandon progressif des politiques agricoles et pastorales de long terme. Pendant des années, les projets structurants ont manqué de suivi, les investissements ont été insuffisants et les infrastructures se sont dégradées dans l’indifférence générale. Résultat : la Côte d’Ivoire importe aujourd’hui une grande partie de la viande consommée sur son territoire, s’exposant aux crises sécuritaires et aux restrictions d’exportation des États voisins.
Pourtant, le potentiel du Ranch de la Marahoué reste immense. Avec ses terres, ses infrastructures de base et son histoire, le site pourrait redevenir un puissant levier économique pour le Worodougou et pour toute la Côte d’Ivoire. Le projet de transformation en hub agropastoral régional, annoncé dans le cadre du programme PRO Intégré avec des partenaires internationaux, constitue une opportunité majeure. Mais les populations attendent désormais des actions concrètes et visibles sur le terrain.
Le gouvernement ivoirien est interpellé. La relance du Ranch de la Marahoué ne doit pas rester une promesse administrative ou un simple effet d’annonce. Elle doit devenir une priorité stratégique nationale. La souveraineté alimentaire passe aussi par une politique ambitieuse de production animale.
La réponse réside dans l’abandon progressif des politiques agricoles et pastorales de long terme. Pendant des années, les projets structurants ont manqué de suivi, les investissements ont été insuffisants et les infrastructures se sont dégradées dans l’indifférence générale. Résultat : la Côte d’Ivoire importe aujourd’hui une grande partie de la viande consommée sur son territoire, s’exposant aux crises sécuritaires et aux restrictions d’exportation des États voisins.
Pourtant, le potentiel du Ranch de la Marahoué reste immense. Avec ses terres, ses infrastructures de base et son histoire, le site pourrait redevenir un puissant levier économique pour le Worodougou et pour toute la Côte d’Ivoire. Le projet de transformation en hub agropastoral régional, annoncé dans le cadre du programme PRO Intégré avec des partenaires internationaux, constitue une opportunité majeure. Mais les populations attendent désormais des actions concrètes et visibles sur le terrain.
Le gouvernement ivoirien est interpellé. La relance du Ranch de la Marahoué ne doit pas rester une promesse administrative ou un simple effet d’annonce. Elle doit devenir une priorité stratégique nationale. La souveraineté alimentaire passe aussi par une politique ambitieuse de production animale.
Les cadres du Worodougou appelés à défendre un patrimoine économique stratégique
Le Ranch de la Marahoué représente bien plus qu’un simple site d’élevage pour le Worodougou. Installé sur leur territoire depuis 1975, ce patrimoine économique constitue une opportunité stratégique capable de créer des emplois pour les jeunes, de dynamiser l’économie locale et de renforcer la souveraineté alimentaire de la Côte d’Ivoire.
Les cadres et fils du Worodougou ont également une responsabilité historique. Ils doivent s’approprier ce projet, défendre sa renaissance et participer activement à son développement.
Les cadres, élus et fils de la région sont aujourd’hui interpellés. Ils doivent porter d’une même voix le plaidoyer pour sa relance effective, veiller à la transparence dans la gestion des projets annoncés et mobiliser les investissements nécessaires. L’avenir du Ranch de la Marahoué ne concerne pas uniquement l’État ; il engage aussi la responsabilité des élites locales appelées à défendre ce symbole historique du développement du Worodougou.
Si rien n’est fait rapidement, la Côte d’Ivoire risque de perdre définitivement un outil stratégique qu’elle avait pourtant eu la clairvoyance de créer dès 1975.
Les cadres et fils du Worodougou ont également une responsabilité historique. Ils doivent s’approprier ce projet, défendre sa renaissance et participer activement à son développement.
Les cadres, élus et fils de la région sont aujourd’hui interpellés. Ils doivent porter d’une même voix le plaidoyer pour sa relance effective, veiller à la transparence dans la gestion des projets annoncés et mobiliser les investissements nécessaires. L’avenir du Ranch de la Marahoué ne concerne pas uniquement l’État ; il engage aussi la responsabilité des élites locales appelées à défendre ce symbole historique du développement du Worodougou.
Si rien n’est fait rapidement, la Côte d’Ivoire risque de perdre définitivement un outil stratégique qu’elle avait pourtant eu la clairvoyance de créer dès 1975.


