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Ouagadougou : les fantômes du régime Ibrahim Traoré

Jeudi 23 Juillet 2026 - 20:00

Face aux rumeurs de tensions au sein du régime, Ibrahim Traoré affirme rester le seul maître à bord et nie toute rivalité dans la junte.


Ibrahim Traoré
Ibrahim Traoré
Depuis plusieurs semaines, les couloirs du pouvoir burkinabè bruissent de rumeurs. Les absences prolongées de plusieurs figures importantes du régime alimentent les spéculations sur d’éventuelles tensions au sommet de l’État. Mais le capitaine Ibrahim Traoré, au pouvoir depuis le coup d’État de septembre 2022, a voulu mettre fin aux interrogations.
 

« Il n’y a pas deux capitaines dans un bateau », a martelé le chef de la junte lors d’une rencontre avec les forces vives de Ouahigouya, dans le nord du pays. Une formule destinée à rappeler son autorité et à démentir toute lutte d’influence au sein de son entourage militaire.
 

Au centre des interrogations figure le commandant Oumarou Yabré, patron des services de renseignement et président du Conseil national de sécurité d’État. Considéré comme l’un des hommes les plus puissants du régime, il n’a plus été aperçu publiquement depuis plusieurs semaines. Selon des sources sécuritaires, son absence de ses fonctions habituelles et la réduction de son dispositif de sécurité ont renforcé les interrogations.
 

Plusieurs de ses proches ont également perdu leurs postes ou auraient été interpellés. Parmi eux, des responsables administratifs et des personnalités religieuses accusées d’avoir pris des positions critiques envers certaines orientations du pouvoir.
 

Autre disparition remarquée : celle du capitaine Kiswendsida Azaria Farouk Sorgho, figure emblématique du coup d’État de 2022 et ancien porte-parole des militaires putschistes. Son absence nourrit également des rumeurs, certains proches évoquant même une arrestation.
 

Face à ces signaux, Ibrahim Traoré affiche une fermeté sans ambiguïté. « Il n’y a pas d’hommes forts avec moi », a-t-il déclaré, promettant de sanctionner ceux qui s’écarteraient de sa ligne. Une posture qui traduit la volonté du chef de la junte de préserver son image de dirigeant incontesté, alors que le Burkina Faso traverse une période marquée par l’insécurité et de fortes tensions politiques.
 

 
 
Félix N'Guessan

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