À Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri dans l’est de la République démocratique du Congo, la sortie d’hôpital de quatre infirmiers guéris du virus Ebola de souche Bundibugyo redonne un souffle d’espoir dans une épidémie toujours active. Ces soignants avaient été contaminés en exerçant leurs fonctions auprès de patients infectés, rappelant la forte exposition du personnel médical en première ligne.
Leur rétablissement porte désormais à cinq le nombre total de survivants depuis le début de la flambée, après la guérison récente d’un technicien de laboratoire. Une évolution encourageante dans un contexte sanitaire encore fragile, où les agents de santé représentent une part importante des cas recensés.
Selon les autorités sanitaires congolaises, 282 cas confirmés et 42 décès ont été enregistrés au 31 mai, tandis que plusieurs centaines de cas suspects restent en cours d’investigation. Ces chiffres pourraient évoluer à mesure que les enquêtes épidémiologiques progressent dans les zones touchées.
Sur le terrain, la riposte s’organise autour du dépistage, de l’isolement des malades, de la recherche des contacts et de la prévention des infections dans les structures de santé. Les équipes insistent également sur la nécessité d’enterrements sécurisés afin de limiter la propagation du virus, encore dépourvu de traitement spécifique homologué.
La situation reste cependant compliquée par des tensions sécuritaires. Récemment, cinq patients ont fui un centre de traitement à la suite d’incidents violents visant une installation sanitaire, illustrant les difficultés rencontrées par les équipes médicales pour maintenir la continuité des soins.
En visite à Bunia, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé a rappelé que la survie des patients démontre l’efficacité d’une prise en charge rapide et adaptée. L’OMS estime que, malgré les défis, la RDC dispose de l’expérience nécessaire pour contenir l’épidémie, à condition de renforcer la mobilisation des communautés et la coordination internationale.


