Trois ans après son renversement par l’armée nigérienne, l’ancien président Mohamed Bazoum demeure détenu à Niamey. Ses avocats ont lancé, vendredi, un nouvel appel pour obtenir sa libération immédiate, dénonçant une situation qu’ils jugent préoccupante pour les droits fondamentaux de leur client.
Mohamed Bazoum et son épouse Hadiza sont maintenus dans une aile du palais présidentiel depuis le 26 juillet 2023, date à laquelle le général Abdourahamane Tiani et les militaires du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) ont pris le pouvoir.
Selon la défense de l’ancien chef de l’État, le couple vit depuis près de trois ans dans un isolement quasi total. Les avocats affirment que Mohamed Bazoum n’a pratiquement plus eu de contacts avec l’extérieur et que sa famille n’a pas été autorisée à lui rendre visite durant cette période.
Cette situation a également suscité des réactions internationales. L’Union européenne, des experts des Nations unies et plusieurs responsables étrangers ont appelé à la libération de l’ancien président, élu démocratiquement en 2021.
Après le coup d’État, les autorités militaires avaient annoncé leur intention de poursuivre Mohamed Bazoum pour des faits présumés de « trahison » et d’atteinte à la sécurité de l’État. Toutefois, aucune procédure judiciaire officielle n’a, à ce jour, été engagée contre lui.
Mohamed Bazoum, qui n’a jamais annoncé sa démission, considère toujours avoir été victime d’un renversement illégal. Son mandat présidentiel, commencé en avril 2021, a officiellement pris fin en avril 2026, mais la question de son statut reste un sujet sensible dans le paysage politique nigérien.
Alors que les autorités de transition poursuivent leur processus de réorganisation institutionnelle, le dossier Bazoum demeure l’un des principaux points de tension entre le pouvoir militaire de Niamey et une partie de la communauté internationale.





