Chaque année, au mois de juin, la ville de San se transforme en un immense théâtre de traditions, de rites et de ferveur populaire. Le jeudi 11 juin 2026, la cité malienne accueillera la 626e édition du Sanké Mô, une célébration ancestrale devenue l’un des plus grands rendez-vous culturels du pays. Bien plus qu’une simple pêche collective, cette fête classée au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO incarne l’identité, la mémoire et la cohésion sociale des populations de San.
L’histoire du Sanké Mô plonge ses racines dans les récits fondateurs de la ville. Selon la tradition orale, le chasseur Bakoré Traoré, descendant du généralissime Tiramakan Traoré, aurait découvert la mare sacrée du Sanké après une longue migration. Séduit par la fertilité des terres et l’abondance de l’eau, il décida de s’y installer durablement. Autour de trois sites sacrés — le figuier Santoro, le puits Karantela et la mare Sanké — s’est construite une alliance historique entre les habitants de San et les villages voisins.
Le jour de la fête, les traditions reprennent vie dans une ambiance spectaculaire. Dès la veille au soir, les troupes folkloriques de Térékoungo et de Parana animent les villages au rythme des chants et des tam-tams. Le jeudi après-midi, des milliers de personnes convergent vers la mare sacrée. Au signal du maître des eaux, pêcheurs et habitants se jettent ensemble dans l’eau dans un impressionnant plongeon collectif. Peu importe la quantité de poissons attrapés : l’essentiel est de participer au rituel et de perpétuer un héritage transmis depuis des siècles.
Inscrit à l’UNESCO depuis 2009, le Sanké Mô est aujourd’hui un symbole de paix et de vivre-ensemble. Face aux défis de la modernité et à l’érosion de certaines pratiques traditionnelles, les acteurs culturels maliens multiplient les initiatives pour préserver cette mémoire collective. À travers cette célébration unique, San rappelle que la culture demeure un puissant facteur d’unité et de transmission entre les générations.


