La ville de Ségou, située au centre du Mali, traverse une crise persistante de carburant qui affecte profondément le quotidien des populations et le fonctionnement de l’économie locale. Depuis septembre 2025, les approvisionnements en essence et en gasoil se font rares, entraînant des ruptures fréquentes dans les stations-service.
Cette situation est largement liée à l’insécurité qui prévaut sur plusieurs axes routiers stratégiques du pays. Les convois de carburant, escortés par les Forces armées maliennes (FAMa), n’atteignent la ville que quelques fois par mois. À leur arrivée, une grande partie des volumes transportés est destinée aux unités industrielles et à Énergie du Mali (EDM), réduisant les quantités disponibles pour les consommateurs.
Face à cette insuffisance, les stocks des stations-service s’épuisent généralement en moins de deux jours. Un vide rapidement comblé par un marché parallèle en pleine expansion. Dans plusieurs quartiers, le litre d’essence se vend entre 2 000 et 5 000 francs CFA, soit plusieurs fois son prix habituel.
La flambée des coûts du carburant a des conséquences directes sur les activités économiques et les déplacements. Les tarifs des tricycles de transport, très utilisés par les habitants, ont doublé, compliquant les trajets quotidiens des élèves, travailleurs et commerçants.
Alors que certaines localités rurales voisines continuent de recevoir du carburant à des prix plus abordables, les habitants de Ségou dénoncent une situation devenue intenable. Malgré le renforcement des contrôles routiers par les autorités, la crise perdure et nourrit les inquiétudes quant à son impact sur la stabilité économique de cette importante ville du centre du Mali.
Les populations appellent désormais à des mesures durables pour rétablir un approvisionnement régulier et mettre fin à une pénurie qui fragilise chaque jour davantage la vie économique et sociale de la région.


