Le Mali veut accélérer la modernisation de son réseau électrique. Le gouvernement a engagé, mercredi 12 août, la ratification d’un prêt additionnel de 19,74 milliards de FCFA accordé par l’Association internationale de développement (IDA), une institution du groupe de la Banque mondiale. Équivalente à 35 millions de dollars, cette nouvelle enveloppe porte à 185 millions de dollars le financement de la Banque mondiale consacré au Projet d’amélioration du secteur de l’électricité au Mali. Lancé en 2019 et entré en vigueur en janvier 2020, le programme ambitionne de sécuriser l’approvisionnement de Bamako et d’améliorer les performances techniques et commerciales d’Énergie du Mali. Mais le chantier a pris du retard. Prévu initialement pour janvier 2025, son achèvement a été repoussé au 30 juin 2027. Les études réalisées pendant l’exécution ont révélé 74 millions de dollars de besoins supplémentaires, notamment pour les lignes, les postes électriques et l’extension du réseau.
Des travaux à relancer
Le nouveau financement ne couvrira qu’une partie de ces surcoûts. Douze millions de dollars seront consacrés à l’acquisition d’un poste électrique mobile et au renforcement d’installations existantes. Une enveloppe de 13,5 millions financera la réhabilitation de plusieurs lignes, tandis que 9,5 millions serviront à renforcer 61 postes de distribution surchargés à Bamako et dans sa périphérie. Le projet a déjà permis l’installation de 210 kilomètres de lignes et de 43 postes de distribution. Plus de 83 000 personnes ont obtenu un premier accès à l’électricité et plus de 262 000 autres bénéficient désormais d’un service amélioré.
Bamako sous pression
Malgré ces avancées, les défis restent importants. Le taux national d’accès à l’électricité est estimé à environ 55 %, avec de fortes disparités entre zones urbaines et rurales. À Bamako, la surcharge du réseau demeure un problème récurrent. À terme, les travaux doivent porter à 275 kilomètres les lignes construites ou réhabilitées. Le projet vise également à réduire les pertes techniques du réseau, de 20 % en 2025 à 19,8 % en 2027. Pour Bamako, l’enjeu dépasse la seule infrastructure : il s’agit de renforcer la stabilité de l’approvisionnement électrique et de soutenir l’activité économique d’une capitale confrontée à une demande croissante.





