HRW accuse, Ouagadougou répond : le Burkina Faso sous pression

Lundi 6 Avril 2026 - 20:00

Accusé d’exactions contre des civils, le Burkina Faso rejette un rapport de HRW et dénonce une offensive informationnelle étrangère.


Une patrouille de l'armée brukinabé.
Une patrouille de l'armée brukinabé.
 

Au Burkina Faso, la bataille contre le terrorisme se double désormais d’une guerre de communication. En ligne de mire : un rapport de Human Rights Watch qui met en cause les forces de sécurité burkinabè dans la mort de nombreux civils.
 

Publié sous le titre « Personne ne pourra s’échapper », le document évoque près de 1 800 civils tués en deux ans. Selon l’ONG, une part importante de ces victimes serait imputable aux forces régulières et à leurs supplétifs, les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Une lecture que les autorités rejettent catégoriquement.
 

Dans un communiqué officiel daté du 5 avril 2026, le gouvernement burkinabè a dénoncé un rapport « faux » et « infondé ». Son porte-parole, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, fustige un « tissu de conjectures » et une analyse « déconnectée des réalités du terrain ». Pour Ouagadougou, l’étude repose sur une méthodologie biaisée visant à ternir l’image des forces engagées contre les groupes jihadistes.
 

Les autorités assurent au contraire que les opérations militaires sont conduites « avec professionnalisme », dans un contexte sécuritaire particulièrement dégradé. Elles vont plus loin en accusant l’ONG de servir des intérêts « néocoloniaux » et d’alimenter une entreprise de déstabilisation du pays. Des « mesures fermes » pourraient même être envisagées contre ce qu’elles qualifient « d’officines impérialistes ».
 

Face à ces accusations, Human Rights Watch maintient ses conclusions, affirmant s’appuyer sur plus de 450 témoignages recueillis au Burkina Faso et dans des pays voisins comme le Mali, le Ghana ou la Côte d’Ivoire.
 

Au-delà des chiffres et des déclarations, cette controverse illustre la profondeur des tensions dans un pays confronté à une insécurité persistante. Entre impératif de lutte antiterroriste et exigences de protection des civils, le débat reste plus que jamais ouvert.

Félix N'Guessan

Lu 0 fois

Actualités | Politique | Femmes d'Afrique | Le Dossier | Interview | Faci | Police | Gendarmerie | Cafop | Ens | Autres concours administratifs | Infas



RDC : Des jeeps et parcelles offertes aux héros du Mondial

Rafles et contrôles policiers : ce qu’il faut vraiment savoir pour éviter les abus

Ghana : le casse-tête du sélectionneur à l’approche du Mondial 2026

Côte d’Ivoire : le gouvernement Mambé 2 fixé sur ses priorités

Alpha Blondy dément une fausse chanson hommage à Toumba Diakité

Air Côte d’Ivoire investit dans un centre de maintenance pour gagner en autonomie

Afrique de l’Ouest : une course inquiétante aux armements



Inscription à la newsletter

Les News

Partager ce site



Recherche


Partager ce site

Flux RSS
Galerie
Liste de liens