La Côte d’Ivoire entend intensifier la lutte contre la sortie frauduleuse de ses fèves de cacao vers le Ghana. À l’issue du Conseil des ministres du mercredi 14 octobre 2026, le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly, a annoncé un renforcement des contrôles aux frontières pour endiguer ce phénomène, favorisé par un écart de prix d’environ 900 FCFA par kilogramme entre les deux pays.
Cette différence de rémunération constitue une incitation pour certains opérateurs à détourner les fèves ivoiriennes vers le marché ghanéen, au détriment du circuit officiel de commercialisation. Face à cette situation, les autorités ivoiriennes entendent mobiliser davantage les services compétents afin de limiter les sorties irrégulières de cacao.
Défendre le prix garanti aux producteurs
Le porte-parole du gouvernement a défendu le système ivoirien de prix minimum garanti, conçu pour protéger les producteurs contre les fluctuations du marché international et leur assurer une rémunération encadrée.
Dans cette perspective, le Conseil Café-Cacao et les forces de l’ordre sont appelés à intensifier leurs actions contre la fraude. Amadou Coulibaly a également rappelé que des stocks de cacao avaient déjà été saisis et assuré que les opérations de contrôle se poursuivraient.
Au-delà des saisies, l’enjeu est de préserver les revenus de la filière, de sécuriser les circuits de commercialisation et de garantir que les producteurs bénéficient effectivement du prix fixé par les autorités.
La Côte d’Ivoire, acteur majeur du marché mondial du cacao, doit ainsi concilier la protection des producteurs, la maîtrise des flux transfrontaliers et la compétitivité de sa filière. L’efficacité du dispositif dépendra notamment de la coordination des services de contrôle et de la capacité des autorités à réduire durablement les sorties clandestines.
La lutte contre la fraude apparaît donc comme un enjeu économique majeur, tant pour les planteurs que pour les recettes nationales et la stabilité de la filière cacao.






